Conseil de Quartier N°3. Réaction du secrétaire démissionnaire à l’article du Pélican “Terre d’espoir se restructure”

Igor Rembotte
Par Igor Rembotte juillet 9, 2014 12:57

Conseil de Quartier N°3. Réaction du secrétaire démissionnaire à l’article du Pélican “Terre d’espoir se restructure”


Voilà un papier que j’aurais personnellement préféré ne pas avoir à rédiger au bénéfice de la stabilité et d’un doux et rassurant ronronnement du Conseil de Quartier N°3. Mais au regard des propos de Monsieur Alexis Stanford, représentant de ce conseil, tenus dans le Pélican N° 2475 du mercredi 09 juillet 2014, la lumière mérite d’être faite sur les raisons qui m’ont poussé à démissionner du poste de secrétaire du dit Conseil et je ne peux décemment laisser Monsieur Stanford résumer celles-ci au fait “que les choses avançaient trop lentement”.

La décision prise bien en amont que de soumissionner au conseil de quartier N°3 était avant tout motivée par le fait qu’il n’est que normal que de trouver un peu de temps pour rendre à un territoire une part de ce qu’il a bien voulu me donner, bénévolement et au bénéfice de tous, recevoir/donner, un tandem intéressant.

Pour autant, et ma position de chroniqueur permet peut être une vision un peu avertie de ce que sont les conseils de quartiers mais aussi de l’image que ceux-ci renvoient depuis leur création, il est évident que cette volonté d’investissement ne s’est pas faite la fleur au fusil. Ces nouveaux organes de la gouvernance n’ont toujours pas trouvé leur pleine place au sein de l’édifice imposé par la Loi Organique, ils ne brillent pas par leur performance et n’incarnent toujours pas le beau concept qu’est la “démocratie participative”. Ceci n’est pas lié à une volonté de la Collectivité mais plutôt à un hors sujet permanent dans lequel s’obstinent bien des conseils. Un bémol toutefois, il nous a été donné lors d’une rencontre avec une élue de nous entendre dire que les Conseils de Quartier étaient “une épine dans le pied de Collectivité” au titre du fait que beaucoup d’entre eux deviennent avec le temps de véritables nids d’opposants, jamais satisfaits etc… Nul doute que ce point émergera dans les conclusions de la commission ad hoc dévolue au toilettage hypothétique de la Loi Organique.

Pour en revenir au Conseil de Quartier N°3, plusieurs choses me sont apparues très clairement et très rapidement :

  • Le manque d’assiduité immédiat, puisqu’autour de Monsieur Stanford, seules 7 à 10 personnes ont respecté leurs engagements et ont assumé ne serait ce que le fait d’être présents au fil des mois,
  • Une véritable volonté de la part de ce noyau de se mettre au service du quartier au travers de projets concrets malheureusement en inadéquation avec l’objet des Conseils,
  • Dans la mesure où Monsieur Stanford était reconduit dans ses fonctions, un héritage de fait de dossiers dont le précédent Conseil s’était saisi sans avoir été sollicité par la Collectivité,
  • Un manque évident de moyens  attribués au Conseil de Quartier mais certainement pas du fait d’une mauvaise volonté de la Collectivité, simplement parce que les Conseils ont tendance à s’autosaisir de dossiers complexes qui ne relèvent pas de leurs statuts
  • Un découragement évident, même des membres les plus convaincus, face au fait que peu des “projets” du Conseil trouvent écho auprès des pouvoirs publics, et pour cause, ces projets ne relèvent pas de la compétence des conseils qui juridiquement ne sont même pas un corps constitué et ne peuvent même pas souscrire une assurance en responsabilité civile pour couvrir les évènements qu’ils organisent néanmoins.
  • S’investir bénévolement au profit de la Collectivité et du Quartier mérite que l’on ne s’enferre pas dans le hors sujet permanent.

Face à ce constat, il n’existait que deux solutions évidentes :

  • que le Conseil de Quartier se borne à répondre aux sollicitations de la Collectivité, ou de la Préfecture, et à servir de relais quant aux doléances de la population,
  • en démissionner collectivement au profit de la création d’une association qui, elle, aurait pu donner une dimension aux projets de Monsieur Stanford. C’est en décembre 2013 ce qui avait décidé l’ensemble des membres composant ce noyau fonctionnel du conseil de quartier n°3 à prendre collectivement la décision de démissionner, non sans avoir au préalable acté la démission d’office des membres brillant par leur absentéisme. Courrier avait alors été rédigé en ce sens et transmis sur demande de Monsieur Stanford aux médias avant que de ne rappeler chacun d’entre eux pour en stopper la diffusion, aussi sur demande de Monsieur Stanford.
Démission collective transmise à la presse en décembre 2013… rien de Top Secret donc !

Démission collective transmise à la presse en décembre 2013… rien de Top Secret donc !

Si Monsieur Standford dit avoir renoncer à cette démission “fortement encouragé par la population”, je peux ici dire que telle n’a pas été ma réalité. Les pressions pour tuer dans l’œuf cette décision collective et courageuse ont été immédiates et sont venues d’ailleurs. Elles trouvent leurs motivations dans le fait que la gouvernance n’avait alors certainement pas besoin, au regard de ses urgences quotidiennes, d’ajouter à son agenda la gestion d’une crise sur un conseil de quartier vide.

Malheureusement, des exemples existent sur d’autres conseils de quartier et tendent à prouver que l’émergence d’associations adossées aux conseils permet certaines concrétisations et l’afflux de subsides. Pour autant, cette dualité est un mélange de genres assez scabreux et pour le moins tendancieux : un Conseil de Quartier est un outil de la gouvernance, les Associations relèvent du droit privé et lorsque les membres constituant l’un se retrouvent dans le bureau de l’autre, les risques de collusion sont évidents.

Enfin, et comme régulièrement rappelé par Madame la Présidente Hanson, les Conseils de Quartier se veulent apolitiques et n’ont pas été créés pour offrir des sièges à “de petits roitelets” (citation dont je tairai l’auteur) et ne peuvent en leur sein porter les germes d’une opposition larvée mais devraient plutôt se donner les moyens de travailler en harmonie avec les politiques dictées par la Collectivité. En l’occurrence, sans porter de jugement sur la qualité de la dite association ni sur ses motivations réelles, la décision de Monsieur Stanford que de rejoindre l’association True Hope For Saint-Martin,  et de n’en informer le Conseil de Quartier qu’a posteriori a nourri des discussions internes et a constitué un point d’achoppement.

Cette adhésion à l’association True Hope For Saint-Martin, Présidée par Jules Charvilles par ailleurs Conseiller Territorial indépendant en opposition à la Majorité RRR, ne peut être considérée comme une décision légère et certainement pas comme un positionnement qui résonne en phase avec les attentes de la Collectivité vis à vis des Conseils de Quartier. Je suis personnellement bien placé pour savoir quel est le poids de l’investissement politique local au fil du temps surtout lorsque celui-ci a pu être fait à contre courant de ceux qui se sont avérés victorieux in fine quel que soit le mandat. Il était donc prépondérant à mon niveau que le Conseil de Quartier N°3 reste apolitique et parfaitement transparent.

Enfin, je ne cache pas ma déception quand, face à une décision courageuse et collégiale qui en plus porte les germes d’une avancée potentielle, concrète et dans le respect des travaux fournis par le précédent conseil, fussent-ils hors sujet vis à vis des statuts, la pression exercée sur celui qui assume le leadership du conseil s’avère suffisante pour que celui-ci change de cap. Il est des valeurs humaines auxquelles il est encore bon de croire, celles qui amènent certains à se serrer la main et à poser leurs signatures sur un document commun avec la conviction que son contenu sera respecté.

Ma démission était donc parfaitement cohérente et concertée, avec à l’époque une ouverture potentielle et un investissement au sein d’une Association de Quartier à constituer mais dissociée du Conseil, au bénéfice du territoire. Je suis en phase parfaite avec les rappels à l’ordre effectués par les élus toutes gouvernances confondues sur le fait que les Conseils de Quartier ne peuvent pervertir leur objet au point de devenir les berceaux de volontés politiques qui s’alimenteraient de plus des moyens mis à disposition par la Collectivité qui en assume le fonctionnement.

Enfin, cela n’enlève rien aux qualités de Monsieur Stanford, représentant du Conseil de Quartier N°3, qui est un homme de conviction et qui chaque jour œuvre pour le territoire avec des outils qui sont les siens, appuyé qu’il est sur une formidable connaissance historique de l’île, connaissance qui mériterait d’être valorisée.

Je profite de cette tribune pour lui adresser mes regrets quant à la stérilité de son investissement sur la liste que Monsieur Helligar a tenté de mener aux élections consulaires récentes mais qui n’aura su, faute de réalisme juridique et d’un manque d’objectivité vis à vis de la contemporaine complexité de Saint-Martin, franchir le seuil de la commission électorale.

8 mois après une démission effective et réalisée in fine sans bruit malgré des outils à ma disposition, je me demande, non sans quelques idées, quel est l’intérêt de revenir aujourd’hui le sujet.

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Igor Rembotte
Par Igor Rembotte juillet 9, 2014 12:57
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1 Commentaire

  1. Vilay Jean-Michel juillet 9, 20:03

    Un éclair de lucidité?

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