Saint Barth : le dérapage…

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Par Autre 23 Mai 2012 04:00

Saint Barth : le dérapage…

Il est indéniable que de tous temps la population de Saint Barthélemy et son leader historique, Bruno Magras, ont su intimer le respect en se battant de concert pour défendre les intérêts de leur île.
C’est ainsi qu’après de longues années d’acharnement, Saint Barth a accédé au statut de Collectivité d’outre-mer avec une autonomie parfaite, et des compétences bien plus étendues que celles accordées à sa sœur Saint-Martin.

Il est nécessaire de rappeler ici que tout au long de ces négociations, Bruno Magras, déjà premier magistrat de l’île, s’est légitimement attaché à ce que la distinction soit bien faite entre Saint Barth et Saint Martin.

Il a été entendu et c’est ainsi que Saint Barth, contrairement à Saint Martin, exerce aussi les compétences d’environnement et d’énergie depuis février 2007, par exemple.

C’est aussi ainsi que Saint Barthélemy, contrairement à Saint-Martin, a tourné le dos à l’Europe et est devenue PTOM depuis le 1er janvier 2012.

Deux îles différentes, aux problématiques éloignées, pourtant réunies dans une circonscription législative unique créée par l’ordonnance n° 2009-935 du 29 juillet 2009.

Cette décision, on s’en rappelle, avait provoqué une grosse colère chez notre Président Magras, et avait engendré une levée de boucliers collégiale de notre député Lurel, de tous les élus locaux, et de multiples interventions des Sénateurs des deux îles Magras (Michel, le frère, cette fois) et Fleming.

Rien n’y fît, le député unique fut bien ratifié par le Parlement français le 21 janvier 2010 en dépit de la loi organique de ces deux jeunes collectivités et de ce qui est encore publié sur le site du ministère de l’outre-mer (« Saint-Barthélemy disposera de son propre député à l’Assemblée nationale après les prochaines élections législatives, en 2012 au plus tard. »)

Là où le bât blesse le plus, c’est que cette décision a été prise sous un gouvernement UMP, majorité dont sont issus à la fois les frères Magras et Louis-Constant FLEMING.

Pour autant, on s’était bien juré de part et d’autre de continuer le combat pour obtenir un député pour Saint Barth (puisqu’il est acquis que démographiquement et au regard des candidatures le député des îles du Nord sera issu de Saint-Martin), jusqu’à Nicolas SARKOZY qui s’engage à y « réfléchir à nouveau » dans sa lettre à Saint Barthélemy.

Nous sommes maintenant à quelques jours de la première élection du député de cette circonscription, et au-delà des toutes les gesticulations personnelles, le bilan est déjà affligeant.

La guerre des investitures et des soutiens a bien lieu.

12 candidats dont l’appartenance politique est bien difficile à déterminer.

La fédération UMP de Saint-Martin n’existe plus.

La section PS de Saint-Martin ne soutient pas son candidat naturel.

Le Modem et les Verts se disputent la paternité d’un candidat qui n’aura duré que 24h.

Le Front National n’a pas manqué de parachuter.

Or, aujourd’hui, le bilan semble s’être gravement alourdi : Saint Barth a glissé !

En effet, la majorité élue du Conseil Territorial de Saint Barth a fait savoir par voie de communiqué que non seulement elle soutenait une de ces multiples candidatures mais qu’en plus elle organisait une réunion publique en ce sens !

Aucun jugement à faire quant à l’opportunité politique de ce pas, juste une déduction logique : le conseil territorial de Saint Barth a donc finalement accepté la décision parisienne d’un seul siège pour les deux îles. Plus de combat à mener ici, voilà qui devrait réjouir notre prochain député, une tâche de moins.

Une question subsiste toutefois : Magras s’est-il couché par lassitude ou parce qu’il aurait reçu des instructions ?

Hyppolite Collin

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Par Autre 23 Mai 2012 04:00