David Redor : 30ème marathon de l’année ! Le King Salmon Marathon : la course du bout du monde !

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Par Autre juillet 18, 2016 09:42

David Redor : 30ème marathon de l’année ! Le King Salmon Marathon : la course du bout du monde !


J’ai traversé tous les Etats-Unis depuis le Vermont et encaissé quatre heures de décalage horaire pour arriver en Alaska où je dois courir mon 30ème marathon de l’année : le King Salmon Marathon. Les montagnes entourent Anchorage et le décor est superbe. A cette époque de l’année,  le soleil ne se couche jamais dans le nord de l’Alaska, donc c’est assez rigolo !

Après m’être installé dans ma chambre à Anchorage, je décide de faire quelques mises au point pour le marathon ce samedi. Je fais bien de vérifier à l’avance car j’ai fait une légère erreur : j’avais vu sur le site que la course se déroulait à Valdez Cordova, ce qui est vrai, sauf que ce nom désigne à la fois la région et deux petites villes : Valdez et Cordova. En y regardant de plus près, je m’aperçois donc que le marathon se court dans la petite ville de Cordova dans la région de Valdez-Cordova et non pas Valdez ! Il y a juste 277 kilomètres entre Anchorage et Cordova , et, petit détail insignifiant, il n’y a pas de route pour y aller : on ne peut y aller qu’en avion !  Il n’y a pas non plus de route directe entre Cordova et Valdez. Ah, ah ! Le gag ! Me voilà donc obligé de tout replanifier : annuler ma réservation de chambre à Valdez, trouver des billets d’avion pour Cordova  et une nouvelle chambre là-bas, tout cela avec une connexion internet proche de zéro et des réservations que l’on ne peut pas faire par internet ! Et oui, là je comprends bien que je suis au fin fond de l’Alaska. Pas facile donc, mais heureusement j’ai ma botte secrète : mon super Thierry  support logistique 24h/24 qui va m’arranger la sauce en deux temps trois mouvements et me trouver la dernière chambre disponible dans ce village où tout est complet en raison du festival du saumon.  Heureusement qu’il était là. Que ferais-je sans lui ?

Après 50 minutes de vol au-dessus des montagnes et des lacs magnifiques, j’arrive à Cordova où je trouve quelqu’un qui fait la navette jusqu’au village par la seule portion de route qui existe dans le coin, et me voilà enfin arrivé à l’hôtel. Je pose mes affaires et vais chercher mon dossard juste en face et vais manger du saumon à ce fameux festival très typique et à l’ambiance fort sympathique. Je rentre me coucher assez tôt car le réveil est réglé sur 5 heures du matin.

Le réveil sonne à cinq heures.  Je prends mes trois paquets d’Immun’Âge® quelques minutes avant mon petit déjeuner, puis prépare ma tenue qui sera « light » aujourd’hui car il faisait très bon hier.

En route pour la navette qui récupère les coureurs à cinq minutes à pied de l’hôtel ! Il bruine et il ne fait pas si chaud que ça quand on ne court pas mais ça devrait aller une fois échauffé. Nous sommes dix-neuf coureurs et je revois deux marathoniens qui ont déjà couru à  plusieurs reprises avec moi. Le monde est décidément petit. La navette qui nous emmène au départ nous fait faire tout le parcours du marathon en sens inverse.

La course consistera aujourd’hui en une ligne quasiment droite de 40 kilomètres dont 24 kilomètres de chemin et les 18 derniers courus sur la seule portion de route existante dans la région et qui sert à relier l’aéroport au village de Cordova. Le parcours ne sera donc pas passionnant en soi et ne vaudra le coup bien évidemment que pour les magnifiques paysages qui nous entourent.

Nous arrivons au départ. Il fait très frais et il bruine assez fort. Nous ne perdons pas de temps et nous partons de suite pour ne pas attraper froid. Etant peu nombreux, nous nous retrouvons très vite éparpillés et seuls. Aujourd’hui, vous l’aurez compris, le chrono m’importe moins que la nature grandiose.

Nous commençons dans la toundra où tout est vert et sauvage. Le chemin est correct dans l’ensemble avec quelques trous par moment et beaucoup de cailloux, mais rien de grave. Je suis donc sur un petit rythme ballade et je passe les 5 km en 29 min, les 10 km en 1h02min et les 15 km en 1h37min en prenant le temps de m’arrêter pour admirer la beauté des décors, prendre des photos et discuter avec les volontaires à chaque ravitaillement. Petit détail, le marathon était annoncé en semi autosuffisance et je cours donc avec une petite bouteille de Powerade et je gérerai ça aux petits oignons.

Après la toundra, voici les montagnes enneigées et les glaciers : magnifiques ! Les nuages sont très bas, mais il y a le soleil qui illumine par moment les glaciers ce qui rend les photos superbes. Le territoire me semble bien propice aux ours et aux  élans. Lorsque je pose la question à un volontaire, il me répond qu’il est fort possible que j’en aperçoive quelques-uns traverser le chemin ! J’adore et je passerai le reste de la course à chercher désespérément un élan et un ours, mais je n’en verrai pas. Je suis vraiment déçu car apparemment il y en a partout ! On ne peut tout avoir et je me console avec la nature si belle et si sauvage aujourd’hui.

J’arrive au 20ème km en 2h10min et au semi-marathon en 2h19min. Les semi-marathoniens viennent de prendre le départ juste devant moi et je commence à en rattraper quelques-uns. A partir du 24ème km, nous arrivons sur la portion de route qui mène à Cordova. Toujours des lignes droites interminables avec maintenant pour décor en plus des montagnes, des rivières où nagent d’énormes saumons. C’est superbe. Je passe le 25ème km en 2h49min et le 30ème en 3h32min, toujours sur un petit rythme de ballade qui n’abîmera pas la machine aujourd’hui.

Je double une coureuse qui se retourne et quand je lui demande si ça va, elle me répond « oui » mais que c’est sa mère qui court derrière et elle a peur des ours ! Mauvaise donne de venir courir ici si on a peur des ours.  Je la rassure en lui disant que je n’en ai pas vu un seul et que les habitations ne sont plus très loin maintenant. J’atteins le 35ème km en 4h15min et nous courons maintenant le long du lac qui borde Cordova, grandiose ! Les hydravions amerrissent et décollent devant mes yeux et c’est un spectacle génial. Ici, c’est vraiment à part, nous sommes vraiment à l’écart du monde. Après la seule petite montée de la course car nous avons couru tout le long au niveau de la mer, nous arrivons à Cordova, et je passe les 40 km en 4h59min et franchis la ligne d’arrivée en 5h19min4s.

Je récupère ma médaille et mon diplôme, discute un peu avec la directrice de course puis rentre à l’hôtel pour une bonne douche, trois petits paquets d’Immun’Âge® comme de coutume après la course et une petite sieste.

Ce marathon était donc vraiment plus qu’original par son tracé, sa situation géographique et ses paysages à couper le souffle. Cela valait vraiment le coup de venir se perdre dans ce joli petit village de pêcheur à l’écart de la civilisation. La course ne présentait aucune difficulté et j’en ai bien profité pour en prendre plein les yeux. Je reste encore deux jours ce qui permettra peut-être de voir mon « moose » (élan) et mon «  bear » (ours).

Je voudrais enfin dédier ma course à toutes les victimes de l’attentat de Nice ainsi qu’à leurs familles. Nous aurions pu tous être à leur place en ce jeudi 14 juillet. La bêtise humaine dans toute son horreur.

Je vous donne rendez-vous le week-end prochain dans le Montana pour une petite surprise et pour une course là encore grandiose puisque l’on va courir sur la route la plus haute du monde apparemment. Bonne semaine à tous.

David

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