Martinique : LE NEGRE DES LUMIERES – Opéra en deux actes

Jacques Gernez
Par Jacques Gernez novembre 18, 2014 08:09

Martinique : LE NEGRE DES LUMIERES – Opéra en deux actes

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MUSIQUE
CHEVALIER DE SAINT-GEORGE

LIVRET
ALAIN GUEDE

Vendredi 12 décembre 2014 et Vendredi 19 décembre à L’Atrium de Fort-de-France et L’Artchipel de Basse-Terre 

UNE VIE ? NON, UN OPERA 

NEGRE DES LUMIERES 3 (3)Pour la première fois, la Martinique accueillera, le 12 décembre, un opéra du Chevalier de Saint-George. Ecrit sur sa musique, le livret est inspiré de sa vie. Cette œuvre a une histoire. La voici.

A peine refermée, en septembre 1999, le livre d’Alain Guédé, « Monsieur de Saint-George, Le Nègre des Lumières », le prix Goncourt Pierre Combescot s’exclama : « c’est un Joseph Balsamo ! ». La vie de Saint-George évoque effectivement non seulement un personnage d’Alexandre Dumas, mais tous les héros du grand écrivain. Il est Balsamo-Cagliostro, par ses multiples facettes, mais il est aussi d’Artagnan, pour son goût pour l’aventure, Edmond Dantès par sa volonté de dominer son destin et aussi Aramis car il est « habité ». Non par la religion, mais par une vision quasi mystique de sa mission sur terre : apporter sa pierre à la construction d’une humanité meilleure et plus éclairée. Cette mission s’impose à lui quand, après les humiliations infligées par une Reine dont il était le favori, il sombre dans le désespoir. Comme dans Kipling l’homme se met à rebâtir. Et c’est lui qu’il reconstruit.

Cette volonté de dominer son destin jusqu’à la mort caractérise nombre de héros des grands opéras tels Don Giovanni qui jouit en faisant le mal ou le maure Otello. Saint-George est de cette trempe t s’impose comme un héros lyrique dans toute sa dimension.

Saint-George a composé six opéras qui ont tous disparu dans leur intégralité. Quelques extraits des partitions ont toutefois pu être retrouvés. Fortement incité par plusieurs grands noms de l’Opéra (Hugues Gall, alors directeur des de Paris, Bastille et Garnier, Jean-Louis Grinda, aujourd’hui directeur de l’Opéra de Monte-Carlo, Raymond Duffaut, directeur des Chorégies d’Orange), Alain Guédé a rassemblé ces partitions pour écrire, sur ces musiques, une œuvre lyrique inspirée de la vie de Saint-George dont elle magnifie la dimension dramatique. Raymond Duffaut a présidé à sa création en 2015 à l’Opéra d’Avignon, dans une mise en scène chatoyante de Nadine Duffaut. L’immense metteur en scène Pétrika Ionesco et Nadia Iliescu ont, par la suite, monté une nouvelle création dans une mise en scène très spectaculaire qui restitue merveilleusement ce « destin » lyrique du Chevalier de Saint-George. C’est cette version qui a multiplié les succès en Ile-de-France et à Paris, au théâtre Mogador, et a été diffusée en intégralité sur RFO en janvier 2009 qui est offerte aux Antilles.

alainL’Auteur : Alain Guédé
Lauréat (c’est-à-dire major) de la promotion 74 de l’Institut d’études politique de Paris (celle de François Hollande…) Alain Guédé cumule ensuite des fonctions de chercheur à la Fondation nationale des Sciences politiques et de journaliste. Depuis 1981, il est l’un des piliers du « Canard Enchaîné ». De tous les journalistes français, il est le meilleur « fournisseur » de la Cour de Justice de la République qui juge les ministres.
Ancien président de l’association Pierre Mendès-France, il est aussi un militant antiraciste. Il est également un musicologue reconnu pour sa connaissance de la musique de la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Guédé mène depuis 1999 la redécouverte du chevalier de Saint-George d’une part afin de mieux faire connaître l’école française de musique du siècle des Lumières et d’autre part pour combattre le racisme par la culture et la force de l’exemplarité. Son livre « Monsieur de Saint-George, le Nègre des Lumières », édité chez Actes-Sud, a reçu, en 1999 le prix des Muses et son livre illustré « Le chevalier de Saint-George » le prix Fetkann de la mémoire de l’esclavage. (Dessin de Cabu).

sebastienDirecteur Musical : Sébastien Billard
Né en 1967 à Dieppe, Sébastien Billard obtient ses premières récompenses au conservatoire national de Rouen en formation musicale, clarinette, musique de chambre, écriture.
Attiré très vite par la direction d’orchestre, il entre au CNR de Reims et y décroche un premier prix en 1990. Admis la même année au Conservatoire national supérieur de Paris, il étudie l’écriture, l’analyse, l’orchestration et la direction d’orchestre. Couronné en 1993 par un premier prix de direction d’orchestre, il poursuit sa formation notamment lors de master-class avec notamment le Maître Myun-Wung Chung. En 1997, il est nommé chef-adjoint de l’orchestre symphonique de la Garde républicaine. A la tête de cette prestigieuse institution il dirige un large répertoire partout en France et accompagne les plus grands solistes internationaux : Anne Queffelec, Abdel Rahman El Bacha, Guy Touvron, David Guerrier, Gérard Poulet, Françoise Pollet, Patrice Fontanarosa…

dianaMetteur en scène : Diana Iliescu
Elle a 18 ans lorsqu’elle signe ses premières mises en scène avec le Teatrul Mic de Bucarest : Coolori de Peca Stefan puis Les papillons sont libres de Leonared Gersche. Viennent ensuite Le roman d’un adolescent myope d’après Mircea Eliade et quelques grands classiques (Le roi Lear puis Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare et Pulcinella, l’enfer et le paradis sur un scénario origine de la Commedia dell’arte).
Petrika Ionesco va bientôt faire son assistante de cette géniale touche-à-tout qui franchit avec grâce et agilité le pas entre les grands classiques et l’underground. Devenue sa première assistante, elle se lance désormais dans l’opéra.
Après avoir assisté le Maestro dans ses dernières mises en scène lyriques, elle fait ses tout premiers débuts dans l’opéra avec ce « Nègre des Lumières ». Il y a plus qu’un lien avec la dernière scène du « Nègre des Lumières » où Saint-George transmet à la jeune Louise son savoir et son message. Mais avec une différence de taille : contrairement à Louise, Diana prend les commandes d’une mise en scène lyrique nantie d’une magnifique expérience.

ionescoConseiller artistique : Petrika Ionesco
Cinquante minutes d’applaudissements ont salué la dernière représentation, au théâtre du Châtelet en 2008, du Cyrano de Bergerac avec Placido dans la mise en scène éblouissante de Petrika Ionesco. Le même triomphe a accueilli cette représentation  pendant trois semaines à San Francisco en 2010. Ces derniers succès s’ajoutent à une création de Aïda retransmise en Mondiovision, une autre en Eurovision et une série d’autres spectacles diffusés sur les chaînes nationales. De fait, Pétrika Ionesco est l’un des membres éminents de ce club restreint des metteurs en scène d’opéra dont le public se compte en milliards. Est-il roumain, sa patrie de naissance ou français son pays d’adoption ? Le moustachu qui roule les « r » comme le rossignol ses trilles se veut citoyen du monde. Et le monde l’a adopté. Après des débuts à Bucarest, il est remarqué par Jack Lang qui lui confie des mises en scène au festival de théâtre de Nancy. Bientôt le voilà à Florence, puis en Angleterre, en Allemagne, en Irlande où il monte notamment Shakespeare, Kleist et Ionesco. Retour en France avec des mises en scène au théâtre de Chaillot puis à Nanterre.

En 1980, Pétrika Ionesco se lance dans la mise en scène d’opéra. Il va alors enchaîner les salles les plus prestigieuses : Bastille dont il « fait » l’inauguration, Garnier, le Metropolitan Opéra de New York, la Scala de Milan, Rome, Catane, Vienne, Monte-Carlo, Liège, Orange. Depuis dix-huit ans, les directeurs de salles s’arrachent l’homme à la moustache conquérante et au génie foisonnant.

Bientôt, il rejoint les dieux du stade. Son « Aïda » au Stade de France accueille plusieurs millions de spectateurs, son « Romeo et Juliette » en drainera un million. Les stades d’Amsterdam, Düsseldorf, Melbourne, Hambourg, Munich vont ensuite l’accueillir.

L’homme s’est pris de passion pour le chevalier de Saint-George et, avec le Nègre des Lumières, a décidé de transmettre son savoir en guidant, avec délicatesse, les premiers pas de Diana Iliescu dans la mise en scène lyrique. Saint-George aurait apprécié.

OLYMPUS DIGITAL CAMERALES PERSONNAGES HISTORIQUES

Tous les personnages de cet opéra ont réellement existé, à commencer par Saint-George, « Le Nègre des Lumières ». Chacun d’eux représente un des courants de pensée qui se sont complétés ou affrontés. Voici, brièvement résumées leur vie et leur personnalité telles qu’elles ont été traduites dans cet opéra. Leurs portraits ont été réalisés par les plus grands peintres du XVIIIème siècle.

Saint-George.- Le musicien à la peau noire garde la double empreinte d’une jeunesse aidée par un père riche et d’une « différence » qui lui a valu bien des déboires. Perfectionniste mais cabotin, énergique mais enclin à la mélancolie et toujours séducteur, ce violoniste et escrimeur prodigieux attire sur lui toutes les passions. L’humiliation terrible que lui inflige Marie-Antoinette va constituer la première pierre d’une construction personnelle. Comme dans le célèbre poème de Kipling, Saint-George rebâtit après avoir vu s’écrouler l’œuvre de sa vie. Mais c’est son propre personnage qu’il érige ainsi.

Son rôle est interprété par trois artistes : un ténor un violoniste et un figurant représentant Saint-George au soir de sa vie. Ceux-ci portent le même costume.

Louise.- Jeune chanteuse un peu naïve, Louise Fusil doit ses succès sur la scène à sa voix et aussi à la fameuse  Saint-Huberty, la grande cantatrice de l’époque qui l’a prise sous sa protection.

La très jeune Louise voue un amour total à Saint-George, pourtant son ainé de plusieurs décennies et se désole de voir qu’il la fuit, en raison, précisément de cette différence d’âge.

Sa ténacité, un instant mise à mal par leur désaccord au sujet du roi et de la reine, viendra à bout des préjugés moraux de Saint-George. Il finit par lui céder… Mais un peu tard.

Le duc d’Orléans.- Ce franc-maçon, Grand-Maitre du Grant Orient, est une sorte de Zarastro, le grand prêtre de la « Flûte enchantée » de Mozart. Mais un Zarastro truculent. Libertin et sage, il désespère de ne pouvoir convaincre son cousin Louis XVI de desserrer les étreintes qui étouffent le royaume. Il assiste, impuissant, aux épreuves infligées aux musicien noir.

Celles-ci renforcent son désir de militer pour une humanité meilleure et il y associe Saint-George dont il fait le premier maçon à la peau noire.

Philippe-Egalité va au bout de ses convictions jusqu’à y laisser sa vie sous la Terreur, quand un nouvel absolutisme succède à la monarchie.

Lire la suite sur le document ci-dessous:

 

contact

Le Concert de Monsieur de Saint-George

22, rue des Archives

75004 Paris

Tel : 01.42.78.36.40.

[email protected] et toute l’actualité saint-georgienne sur notre site internet

www.chevaliersaintgeorge.fr

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