L’épave échouée au large des côtes haïtiennes n’est pas celle de la Santa Maria conclut une mission de l’UNESCO

Jacques Gernez
Par Jacques Gernez octobre 6, 2014 12:32

L’épave échouée au large des côtes haïtiennes n’est pas celle de la Santa Maria conclut une mission de l’UNESCO

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Paris, 6 octobre – L’épave présentée en mai 2014 comme celle de la Santa Maria par un explorateur américain ne peut être la nef de Christophe Colomb. Telle est la conclusion d’une mission d’expertise que vient de mener l’UNESCO en Haïti à la demande du gouvernement haïtien.

« Il y a maintenant une preuve incontestable que l’épave est celle d’un navire d’une période beaucoup plus tardive », indique le rapport de la mission effectuée au Cap Haïtien, au nord du pays. Ce rapport s’appuie sur les fouilles sous-marines effectuées du 9 au 14 septembre par l’expert désigné par le Conseil scientifique de la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine subaquatique, Xavier Nieto Prieto. Ancien Directeur du Musée national d’archéologique sous-marine d’Espagne, spécialiste reconnu des épaves espagnoles, il était accompagné de Tatiana Villegas, du Bureau de l’UNESCO en Haïti, de Kenrick Demesvar, du ministère haïtien de la Culture et de Maksaen Denis, du Bureau national d’ethnologie d’Haïti.

Les éléments de fixation trouvés sur le site, à proximité du récif de Coque vieille, témoignent d’une technique d’assemblage remontant à la fin du 17e siècle ou du 18e siècle, époque à laquelle les gaines de protection en cuivre utilisées sur les bateaux nécessitaient des fixations en cuivre. Jusque-là, les éléments de fixation utilisés dans la construction navale étaient en fer ou en bois. Il ne peut donc s’agir de la Santa Maria qui a dérivé sur des récifs et sombré dans la nuit du 24 au 25 décembre 1492. Par ailleurs, au vu des récits d’époque –notamment le journal de bord de Christophe Colomb retranscrit par Bartolomé de Las Casas – l’épave se trouve trop loin du rivage pour être celle de la Santa Maria.

Le rapport d’évaluation préconise par ailleurs que des explorations supplémentaires soient menées afin de localiser la véritable épave de la Santa Maria et de dresser un inventaire des épaves importantes gisant au fond des eaux de cette zone. Il préconise également l’adoption par Haïti d’une législation plus protectrice pour le patrimoine subaquatique, notamment en matière d’autorisation des fouilles des sites archéologiques immergés, conformément aux recommandations de la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine subaquatique, dont Haïti est signataire.

Le 14 mai dernier, l’explorateur sous-marin américain Bill Clifford avait affirmé avoir identifié l’épave de la Santa Maria, l’un des trois navires de Christophe Colomb lors de sa traversée de l’océan Atlantique. Suite à cette annonce, la ministre de la Culture d’Haïti, Monique Rocourt, avait sollicité l’appui du Conseil scientifique de la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique de 2001 pour envoyer une mission d’experts sur le site.

Adoptée en 2001, la Convention sur le patrimoine culturel subaquatique de l’UNESCO vise à assurer la protection et la préservation du patrimoine immergé et appuie la recherche et la coopération internationale dans ce cadre. Les Etats l’ayant ratifiée – au nombre de 49 à ce jour, dont Haïti – s’engagent à préserver ce patrimoine, à refuser l’exploitation commerciale des sites et à lutter contre le trafic illicite des biens pillés.

Le Conseil consultatif scientifique et technique de la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique est composé de douze experts de réputation internationale, nommés par la Conférence des Etats parties à la Convention de 2001

Communiqué de presse de l’UNESCO N°2014-120

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Par Jacques Gernez octobre 6, 2014 12:32

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