Gabon. L’article de “La Nation” sur la disparition de Rodrigue Helligar

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Par Autre 17 Déc 2013 19:54

Gabon. L’article de “La Nation” sur la disparition de Rodrigue Helligar

Le camp de Gaulle reste encore peu convaincant

171213-gabonRodrigue Helligar, 39 ans, aurait trouvé la mort par noyade au cours d’une partie de pêche avec quatre de ses collègues, au Cap Estérias, le 1er novembre dernier. Jusqu’à ce jour, c’est le mutisme total au Camp de Gaulle, ou du moins le dossier est clos et la famille du disparu, depuis les Antilles, exige la vérité et le corps du leur.

Voici une affaire qui interpelle au plus haut point, le commandement en chef du 6ème Bataillon d’infanterie de la marine (Bima) et en général les forces françaises au Gabon (FFG).  Le 1er novembre dernier, il a été constaté la disparition du caporal chef Rodrigue Helligar, 39 ans, engagé dans les forces de défense françaises depuis 22 ans et en mission au sein du 6ème Bima au Gabon.

Les premières informations que nous avons reçues de la famille Helligar aux Antilles, parlent d’une noyade au cours d’une partie de pêche avec quatre de ses collègues, au Cap Estérias, ce 1er novembre en milieu de matinée. Et nos  confrères de Gabonreview, de détailler : “Alors que le petit groupe de cinq soldats pêchait sur les rochers, une vague a fauché le soldat qui, surpris, n’aurait pas réussi à s’agripper à quoi que ce soit et la houle qui était bien forte l’a emporté”.

“Aussitôt alertée, la hiérarchie du Camp de Gaulle, (soutenue par la brigade nautique de Libreville : ndlr), a lancé les recherches avec les moyens nécessaires. Notamment, deux hélicoptères de l’armée de l’air et deux pirogues à moteur.  Mais sans succès malgré les mécanismes et le temps déployés”.  Version des faits non démentie par le lieutenant Roze, chargée de la Communication des FFG, qui nous a reçu mardi dernier, en lieu et place du général de Brigade, Francisco Soriano, en mission à Bangui, en République centrafricaine, pour coordonner l’opération Sangaris.

L’officier  a confirmé que jusqu’à ce jour, le corps du soldat resterait introuvable, réfutant encore que le corps non identifié repêché dans la même zone les jours qui ont suivi la disparition du caporal chef, était celui de Hélligar. Et du coup l’on s’interroge. A l’heure supposée de la “noyade”, “milieu de la matinée” selon le lieutenant, comment l’homme a-t-il pu se noyer alors que la marée était basse ? Comment ses collègues qui pêchaient tout autour de lui n’ont pas pu sauver leur camarade au moment où la prétendue vague l’emportait ? Et d’où était venue cette vague subite ou mystérieuse ?

Las du silence affiché par les autorités françaises sur la question, et partant du préfet de la région, comportement pourtant inhabituel à la France, la famille du disparu à Saint-Martin aux Antilles veut avoir la vérité sur les circonstances de la « mort » de leur parent et attend indéfiniment l’arrivée de la dépouille mortuaire.

171213-librevillePourquoi le 6ème Bima a-t-il organisé une cérémonie de recueillement alors que le décès du caporal chef n’est pas encore établi ? Et à cette question, le lieutenant Roze nous répondra que c’était à la demande de ses collègues ? Lesquels ? Est-ce ceux qui l’ont vu mourir et qui semblent bénéficier d’une protection tacite alors qu’une enquête digne de ce nom doit s’ouvrir ?

“Paris est informé de tout, à travers le consulat”, a rassuré notre interlocutrice qui nous a certifié par ailleurs que la famille et les autorités militaires françaises sont en contact. Des déclarations qui semblent en contradiction avec la vérité vécue.

 Dans une lettre ouverte intitulée “Rendez-nous notre frère !”, adressée aux forces françaises et dont nous avons copie, la famille dit vivre dans “l’attente et la quête de vérité”. “Nous cherchons à savoir ce qui est arrivé à notre frère et s’il est encore en vie, mais nous nous heurtons à des murs. Nous ne pouvons nous fier qu’aux informations contradictoires de la presse gabonaise dont certains titres affichent que le corps de Rodrigue aurait été retrouvé sans vie tandis que les services de l’armée nous affirment que les recherches auraient été infructueuses”, peut-on lire.

Faute d’interlocuteur approprié sur le dossier, la famille ne sait donc plus à quel saint se vouer, se contentant de que quelques photos du lieu du drame, envoyés par le 6ème Bima, qui les aurait informé par ailleurs qu’une « cérémonie funéraire avait eu lieu à la caserne en hommage à Rodrigue, alors qu’aucune confirmation du décès ne nous a été donnée ».

Deux mois après le drame, la famille dit avoir assez “d’être otage de ce silence assourdissant car aucun courrier officiel, aucune mesure, aucune prise en charge, aucune considération de la part de ceux pour qui Rodrigue s’était engagé !” 

“Dites-nous la vérité”

Pour cette famille, plus le temps passe, plus elle dit se convaincre que “la version officielle servie n’est pas la vérité”. Et de poursuivre : “Il nous est toutefois impossible de faire notre deuil en l’absence d’informations, d’affirmations cohérentes et de transparence autour de cette triste journée du 1er novembre dernier”.

Entendu que son logement a déjà été réquisitionné et ses effets personnels mis sous scellé, la famille veut un interlocuteur à même de répondre à leurs questions, à défaut d’un déplacement  sur Libreville qu’elle souhaite de tous les vœux. C’est l’unique occasion qui peut leur être offerte pour, non seulement “visualiser et comprendre comment Rodrigue, nageur confirmé et pêcheur émérite, a pu se noyer dans quelques centimètres d’eau”, mais aussi et surtout de rencontrer ses camarades du jour de la “mort” qui pourraient expliquer les circonstances exactes de l’accident.

 Là aussi, le lieutenant n’a pas trouvé d’inconvénients à ce déplacement, pourvu que les choses se fassent dans la légalité au niveau de la famille. A quelques jours du 40ème anniversaire du caporal chef Rodrigue Helligar (le 31 décembre prochain), la famille se demande alors si elle doit “célébrer sa vie ou honorer sa mémoire ?”.

En tendant aussi la main aux autorités gabonaises afin qu’elles puissent les aider à arriver au terme de cette douleur qui ne dit plus son nom, Guy et Rosalie Helligar n’entendent donc pas s’arrêter en si bon chemin, convaincus que les autorités françaises ont toujours su accompagner leurs familles endeuillées dans de telles circonstances.

A toute fin utile, les autorités judiciaires du Gabon sont informées de l’incident.

Rodrigues Loye pour La Nation

Libreville – GABON

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