Il y a trente ans, disparaissait John Lennon

F.L
Par F.L 8 Déc 2010 05:56

Il y a trente ans, disparaissait John Lennon

8 décembre 1980, vers 22 h 30. Cinq coups de feu claquent au pied d’un building new-yorkais. Mark Chapman, illuminé en quête de notoriété, vient de tuer John Lennon qui rentrait chez lui. Dernier drame d’une existence qui en compta beaucoup… Pour évoquer le cofondateur des Beatles, nous avons choisi de nous arrêter sur quatre prénoms.

Julia

Le titre d’une superbe ballade signée Lennon, sur l’album « blanc » des Beatles. Cette Julia n’est pas une petite amie dont on veut tenir la main… C’est sa mère. Une femme bourrée d’humour, pleine de vie, excentrique bien qu’issue d’une famille bourgeoise. « L’amour de sa vie », avance Philippe Paringaux, ancien rédacteur en chef de Rock & Folk, traducteur de plusieurs livres sur les Beatles et d’une récente et monumentale biographie de Lennon.

« Elle s’est mariée avec Alfred Lennon, un steward de paquebot, noceur et bourlingueur, jamais accepté par sa belle-famille. » Julia a mis au monde John, le 9 octobre 1940. C’est la guerre. Son père est en mer. Julia a un premier amant. Puis un second avec qui elle s’installe et a des enfants. « En 1946, a lieu une scène dont on imagine qu’elle a pu marquer l’imaginaire de John à jamais. Le petit a 6 ans. Ses parents se déchirent et lui demandent de choisir entre papa et maman… » Le gamin finit dans les jupes de sa mère qui, un peu plus tard, le confie à l’une de ses sœurs. « Tante Mimi » va élever l’enfant.

« La mère et le fils vont se redécouvrir à l’adolescence de John. Il l’idolâtre : elle est belle, souriante, joue du banjo… Plus qu’une mère, elle est une copine qui le fait fantasmer. Elle l’encourage à faire de la musique. Lui offre sa première guitare. » Mais en juillet 1958, Julia est tuée par un automobiliste, à la porte de chez sa sœur, où elle venait voir John. « Une déchirure. Il en a souffert toute sa vie. »

Paul

Juillet 1957. Une fête de quartier, à Liverpool. Lennon s’y produit avec son groupe de lycée, les Quarrymen. Un copain lui présente un guitariste de 15 ans. Il s’appelle Paul McCartney. Une recrue de choix ? « Il a pesé le pour et le contre. Pour : McCartney était déjà un très bon musicien. Contre : Lennon voulait rester le patron ; le jeune prodige pouvait lui faire de l’ombre. D’autant plus que Paul était joli garçon alors que John, bourré de complexes, se trouvait laid. Finalement, il l’a accepté. »

George Harrison rejoindra le groupe un peu plus tard ; puis Ringo Starr. On connaît la suite… « Lennon et McCartney sont-ils devenus amis ? D’excellents collègues de boulot, oui, sans aucun doute : on ne passe pas des heures et des heures à faire de la musique, à écrire des chansons, sans une formidable complicité. Au sein des Beatles, le vrai ami de John, c’était Ringo. Qui, lui, n’était pas un « créatif ». »

Stu

Stuart Sutcliffe, dit Stu. Un jeune peintre à la gueule d’ange, bourré de talent. Lennon le rencontre à l’école d’arts de Liverpool, à la fin des années 1950. Tout semble les opposer. Lennon, rocker teigneux, mauvais garçon, maniant le sarcasme avec une efficacité redoutable ; Sutcliffe, gentil et bien élevé, pas vraiment fan de rock.

« Lennon, qui a touché à la peinture, admirait son copain. Il lui a collé une basse dans les pattes et l’a fait monter sur scène. Notamment dans ces clubs de strip-tease de Hambourg où les Beatles se sont faits. Stu, dont tout le monde dit qu’il aurait pu devenir un très grand artiste, n’a jamais bien joué de la basse. Ça mettait McCartney en rogne. John répondait : « On s’en fout, Stu a le look. » » Un ami, un vrai… Mort à 22 ans, en 1962, d’une tumeur cérébrale.

« John lui a en beaucoup voulu. Voir partir les gens qu’il aimait, ça n’a pas arrangé son caractère. Après la disparition de sa mère et celle de Stu, il a encore plus caché ses sentiments sous un blindage de méchanceté. » Car le jeune homme, doué et intelligent, pouvait être cynique et mordant. Aussi bien avec ses proches qu’avec des inconnus.

Yoko

Lennon, musicien adulé mais épuisé par des années de Beatlemania. Yoko Ono, artiste conceptuelle, vivant à New York, que la musique pop laisse froide. Ils se sont rencontrés dans une galerie d’art, à l’automne 1966. Coup de foudre. Le Beatle abandonne sa femme, Cynthia, et son fils, Julian, dont il ne s’était pas beaucoup occupé… Et entame une relation fusionnelle avec cette fille d’une richissime famille japonaise.

Deux ans plus tard, elle est devenue « la » femme haïe par tous les fans des Beatles. À la fin des années 1960, ça faisait du monde. « On l’a accusée d’avoir causé la disparition du groupe. Mais à cette époque, John n’en pouvait plus déjà plus des Beatles. Lennon et McCartney, si complémentaires au début, étaient devenus antinomiques. » Le tout sur fond de drogue et de querelles de gros sous.

« « Fais ce que tu veux, a dit Yoko à John. Elle lui a donné le courage de mettre fin à une histoire collective et de se lancer dans une autre, en duo. » Celle qui s’est achevée un soir de décembre 1980. Le rocker avait 40 ans. Son meurtrier s’appelait Chapman. Prénom, Mark.

 Alain GUYOT du Ouest-France.fr

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Par F.L 8 Déc 2010 05:56
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