LES SOCIALISTES ET SAINT-MARTIN : VOUS PARLEZ DE QUOI AU JUSTE ?

DUTHEL Jean-Yves
Par DUTHEL Jean-Yves 19 Juil 2012 15:28

Hymne-Parti-SocialisteJe n’y étais pas en même temps que notre nouveau député. Non, et je ne l’ai pas rencontré…donc mes propos m’appartiennent et ne sont le reflet d’aucune autre personne saint-martinoise. Paris, sous la pluie et la froidure, la semaine dernière. Le pouvoir a changé mais ce changement affecte (encore?) si peu la haute fonction publique. Les trois quarts des fonctionnaires qui ont Saint-Martin parfois sur leur table de travail, sont toujours en poste.

Que ce soit à l’Outre-mer, à Matignon ou à l’Intérieur. Et leurs avis sur Saint-Martin restent statiques : mauvaise administration constante à la Collectivité, manque d’investissements privés, avancée permanente de l’usage de l’anglais dans la vie courante et jusques dans l’administration (un chiffre effarant : seulement 30 % des fonctionnaires de la Collectivité sauraient écrire en français!), gonflement suivi du déficit de l’hôpital, dû notamment aux patients venus du côté hollandais, surcharge permanente du système scolaire également à cause des «tricheurs» habitants faussement du côté français, incapacité de contrôler l’immigration illégale, impôts et taxes difficiles à percevoir dans la communauté qui se dit «d’origine» etc.

Il y aurait aujourd’hui plus de saint-martinois ayant entre 28 et 35 ans qui résident en métropole que dans l’île. La liste électorale, me dit-on au ministère de l’Intérieur, est totalement désuète et gonflée d’électeurs factices aux yeux de la loi : quelques 7000 noms. Mais comment la nettoyer? Politiquement parlant le nouveau pouvoir socialiste se retrouve dans une impasse à Saint-Martin. La Collectivité est gouvernée par un avatar de Gauche, le RRR, mais qui n’a pas de lien réel avec les socialistes français, le sénateur est UMP (encore pour combien de temps?) mais sans aucune crédibilité, ni à Gauche ni à Droite; le député est aussi assimilé à l’UMP mais a de solides liens chez les fonctionnaires. Le nouveau ministre à l’Outre-mer, monsieur Lurel n’a que faire des problèmes de Saint-Martin : il est surtout heureux de ne plus en être le député! C’est donc à l’Intérieur que revient la gestion quotidienne de nos problèmes iliens. C’est dire que Saint-Martin n’est pas une priorité pour les socialistes. Un ancien sous-préfet à Saint-Martin (pas le précédent de celui-ci) me confiait que la dette réelle de la Collectivité à l’État français serait supérieure à 80 millions d’Euros! Et que, l’an prochain les socialistes doivent trouver 25 milliards d’économies dans le budget de l’État pour rencontrer les engagements de monsieur Hollande. Autant reconnaître que les mauvais jours ne sont pas terminés pour la Collectivité. L’ancien directeur de la SEMSAMAR a beau multiplier rencontres et discussions à Paris, l’argent ne débloque pas. En plus, à force d’avoir voulu jouer sur tous els tableaux à la fois – UMP, PS et même MODEM – monsieur Fischer est considéré comme partie du problème et non de la solution. Le nouveau président de la Collectivité aimerait bien s’en débarrasser mais comment faire? Il était prévu que monsieur Richards (le plagiaire) prenne en mains les relations avec la métropole, mais à Paris on a déjà fait savoir que cela était impossible étant donné ses convictions francophobes notoires. Du côté du Ministère délégué au Budget on est très clair : il n’y aura ni exception ni passe droit saint-martinois dans l’exercice financier de 2013.

Ma curiosité m’a poussé à rencontrer quelques investisseurs privés français qui ont étés démarchés par l’administration RRR – SEMSAMAR depuis les trois derniers mois. Ceux qui, pourraient éventuellement, s’intéresser à cette fameuse «free zone», diamant des engagements économiques de monsieur Richardson. Néant, c’est le néant total. L’absence d’un Port en eaux profondes, la non-confiance dans les politiques de l’île, les difficultés de l’aéroport de Grand Case, pêle-mêle, tous ces irritants reviennent au fil de la conversation. L’échec des investisseurs canadiens à fait le tour du monde économique privé français.

« A moins d’un sursaut salutaire, déclarait un acteur bien connu à Saint-Martin dans les dernières années mais qui retire ses billes petit à petit, Saint-Martin glisse lentement mais sûrement vers une paupérisation à la haïtienne.» Ce sursaut devrait consister à la mise à pied de 25 % des fonctionnaires de la Collectivité, à des règles extrêmement claires sur les conflits d’intérêts, a un système d’appel d’offre totalement révisé et dans lequel les dés ne sont pas systématiquement pipés en faveur de la SEMSAMAR, à la baisse de construction de logements sociaux, à un contrôle serrés des bénéficiaires de l’aide de l’État. Bref, à des prises de décisions extrêmement politiques qui rendraient l’administration actuelle impopulaire. Il est drôle de constater que beaucoup de ces conditions figuraient – en toute honnêteté – dans le programme électoral du sénateur LCF lors des élections territoriales….mais un peu tard après 5 années de gouvernance de l’UP.

Comment se fait-il qu’après quatre mois de nouvelle gouvernance et deux mois de ministère Lurel, le nouveau Président de la Collectivité n’ait pas été reçu à Paris? Cela démontre l’embarras des socialistes face à Saint-Martin. Le milieu des affaires – s’il existe vraiment à Saint-Martin – devrait prendre l’initiative de mettre sur la table l’ensemble de la problématique du développement économique car la majorité territoriale ne le fera pas. Elle continuera à presser le citron de ceux qui payent leur taxes et impôts jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une goutte de jus. Il n’y a qu’à penser à la nouvelle taxe imposée à l’aéroport : une désespérante fuite en avant qui tuera le cheval plutôt que de le soigner.

Ce n’est ni à Paris, ni à Bruxelles, ni à New-York que l’on trouvera une solution à la crise saint-martinoise, mais à Saint-Martin seulement.

Jean-Yves DUTHEL

DUTHEL Jean-Yves
Par DUTHEL Jean-Yves 19 Juil 2012 15:28