CUMUL DES MANDATS : la contagion frappe nos iles du Nord !

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Par Autre 6 Juin 2012 04:00

CUMUL DES MANDATS : la contagion frappe nos iles du Nord !

Ce sport politique typiquement français, ignoré de nos voisins européens et que nous pratiquons à loisir…
Outre le fait que celui-ci soit particulièrement coûteux pour la république, il autorise une concentration de pouvoirs très convoitée par les politiques.

La décision de François Hollande de supprimer le cumul des mandats en 2014 mettra plus de 80% des parlementaires en porte-à-faux, mais fera certainement le plus grand bien à la classe politique dans son ensemble.
C’est dans l’air du temps d’arrêter les cumuls de mandats électoraux, voire électoraux et professionnels. Seule la France autorise encore cette pratique et les projets de loi interdisant cette pratique sont déjà en cours d’élaboration !

Dans la nouvelle circonscription de St Martin et St Barthélémy, pas moins de 3 membres de conseils exécutifs se présentent à l’élection législative et exerceront leur mandat d’élu et de député…

A cela je vois quelques inconvénients pour nos îles :

1/ Notre collectivité de Saint Martin vient d’être dotée d’une nouvelle équipe, en pleine mise en place, avec les difficultés que nous connaissons. Les électeurs attendent les résultats de leurs engagements et des promesses de campagne faites il y a à peine 2 mois !

L’engagement pour les tenir va demander un déploiement d’énergie conséquent, ne laissant pas beaucoup de temps pour d’autres fonctions.

2/ Les élections législatives succèdent aux élections territoriales dans un délai tellement court que l’équipe en place n’a pas eu le temps de mettre en pratique une politique différente pour faire émerger des projets ambitieux, ou encore de s’engager à être pleinement au chevet d’une collectivité en grande difficulté. L’opposition n’a pas eu non plus le temps de contrôler minutieusement l’action du gouvernement.

3/ Deux territoires aussi complexes que différents, dont la gestion, entre les permanences locales et la présence requise en métropole, génère une charge exceptionnelle remplissant largement l’agenda d’un député ! On ne peut pas prendre en exemple comparatif nos deux îles aux statuts différents, avec l’archipel de Guadeloupe, dont les réalités sont identiques dans leur ensemble.

4/ Une circonscription en Outre-mer est handicapée par la longueur des déplacements qui génère un absentéisme fréquent chez nos députés ultra marins. Même si cela est compréhensible, cela ne facilite pas le travail de parlementaire et cela ne doit pas peser sur la qualité de travail du député.

5/ Notre volonté d’avoir un député pour chaque île était une revendication forte qui à contrarié bon nombres d’élus quand le redécoupage de circonscription n’a pas tenu compte des engagements convenus.

Bien sûr, la récupération des voix de St Barth oblige certains à de telles contorsions politiques que je doute fort de leur volonté réelle de doter chaque territoire de son propre député…

Si aujourd’hui nous acceptons que notre député soit doté d’un second mandat, nous donnerions raison à tous ceux qui ont décrété, depuis Paris, qu’un seul député suffisait à nos deux îles !

Je pense que la première étape vers l’obtention d’un député pour chaque ile passe d’abord par une prise de conscience locale : cette fonction exige un engagement complet !

Ce travail sera probablement long mais ne baissons pas les bras : notre détermination fera la différence.

Louis Jeffry

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Par Autre 6 Juin 2012 04:00