13 journalistes d’ATV au chômage

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE 15 Oct 2010 07:26

13 journalistes d’ATV au chômage

Malgré la décision du tribunal, les journalistes ont décidé de continuer à se rendre sur leur lieu de travail jusqu'à la réception de leurs lettres de licenciement. (M. B./ France-Antilles)

Malgré la décision du tribunal, les journalistes ont décidé de continuer à se rendre sur leur lieu de travail jusqu'à la réception de leurs lettres de licenciement. (M. B./ France-Antilles)

La liquidation judiciaire de Caribean Global News (CGnews), l’une des filiales de la holding HRTV a été prononcée mardi soir par le tribunal mixte de commerce. Les treize journalistes de la chaîne se retrouvent à la rue.

« Trahis » . C’est le sentiment ressenti par les journalistes de la rédaction d’ATV à l’annonce de la nouvelle hier matin. Même s’ils s’attendaient à la décision du tribunal, ils accusent le coup. Après plusieurs années passées au service de la chaîne, ils se retrouvent aujourd’hui sans emploi.
Depuis la reprise de la chaîne par HRTV en janvier dernier, la rédaction est devenue une entité propre, la société Caribean Global News, l’une des quatre filiales de cette holding. La seule qui serait déficitaire, selon l’avocate de la direction. CGnews a généré 320 000 euros de recettes sur les neuf premiers mois d’exercice mais a aussi perdu 314.000 euros. Insuffisant pour payer toutes les charges de l’entreprise. Le prévisionnel de cette société tablait en effet sur un chiffre d’affaires de 400.000 euros pour l’année, selon une source proche du dossier.
« Après une analyse financière certifiée par un cabinet d’expert-comptable, on a été obligé de déclarer CGnews en état de cessation de paiement. La situation financière ne permet pas la poursuite de l’activité. On a été obligé de déposer le bilan pour une liquidation de la société » expose Me Turolla-Karsallah, l’avocate de Jean-Claude Asselin de Beauville, le président-directeur général d’HRTV. Une décision, acceptée par le tribunal de commerce mardi soir, qui conduit aux licenciements de treize personnes.

Relations tendues depuis le début

Les raisons avancées par l’avocate sont multiples : « On n’y croit plus. Depuis janvier, Médiamétrie révèle que nous avons perdu 10 points à l’heure du journal télévisé. Nous avons du mal à remplir le JT de 23 minutes. Les journalistes refusent de faire plus d’un sujet par jour. Nous sommes contraints de faire appel à des pigistes. Il y a un manque de collaboration de leur part alors qu’au départ, ils avaient apporté leur soutien au plan de cession porté par monsieur Asselin de Beauville. Ce n’est pas de gaieté de coeur que nous en sommes arrivés là » .
Depuis la reprise de la société en janvier dernier, les journalistes de la rédaction et la direction ne sont jamais parvenus à s’entendre. En février, une grève des journalistes pour dénoncer leurs conditions de travail avait éclaté. En mai, ils avaient rédigé une motion de défiance à l’encontre de leur rédacteur en chef. Le dialogue entre les deux parties a, depuis le début, toujours été très tendu.
Pour les journalistes, c’est un coup de massue qui leur tombe sur la tête. « On ne comprend pas la brutalité de cette décision. On s’est servi de nous pour avoir la cession et l’autorisation de diffuser auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, maintenant on nous jette en évoquant notre mauvaise volonté » , pestait l’un d’entre-eux hier. Malgré la décision du tribunal, les journalistes ont décidé de continuer à se rendre sur leur lieu de travail jusqu’à la réception de leurs lettres de licenciement. Hier, ils ont adressé une lettre pour dénoncer au CSA un « détournement de procédure » .

Source France Antilles

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F. LETUVEE
Par F. LETUVEE 15 Oct 2010 07:26