Espagne: n’atteindra pas ses objectifs de déficit en 2012 et 2013

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE mai 11, 2012 07:22

Espagne: n’atteindra pas ses objectifs de déficit en 2012 et 2013

© Jef132 - Wikimedia commons - c.c.

L’Espagne ne va pas atteindre ses objectifs de réduction budgétaire en 2012 et en 2013 et restera en récession l’année prochaine avec un Produit intérieur brut en baisse de 0,3%, a estimé vendredi Bruxelles en publiant ses prévisions économiques de printemps.

 Le déficit budgétaire va atteindre 6,4% du PIB cette année, loin de l’objectif de 5,3% que s’est fixé le gouvernement espagnol, et 6,3% en 2013, selon les estimations de la Commission européenne.

 Madrid a jusqu’ici promis de revenir dans les clous européens l’année prochaine et de ramener son déficit à 3% du PIB.

 En outre, “une intensification de la crise de la dette pourrait accroître la prime de risque de l’Espagne. Une plus grande détérioration du bilan des banques pourrait avoir des conséquences négatives pour les prêts et les finances publiques”, note la Commission.

 Le gouvernement espagnol est lui beaucoup plus optimiste concernant la croissance et table sur un Produit intérieur brut en hausse de 0,2% en 2013.

 “La Commission a totalement confiance dans la détermination du gouvernement espagnol pour atteindre ces objectifs de déficit public”, a assuré le commissaire en charge des Affaires économiques, Olli Rehn, lors d’une conférence de presse. Il a toutefois appelé les régions autonomes à présenter rapidement leur budget.

 Ces prévisions vont mettre un peu plus la pression sur le gouvernement espagnol, qui a déjà obtenu de la souplesse de ses partenaires européens concernant ses objectifs de réduction budgétaire.

 Madrid avait annoncé en début d’année que son déficit 2011 avait été beaucoup plus important que prévu, à 8,51% et qu’au vu de ce dérapage, il ne pourrait tenir l’objectif agréé avec l’UE d’une réduction du déficit 2012 à 4,4%.

 Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy avait donc demandé à ses partenaires de la zone euro de fixer son objectif de déficit à 5,8%. Il avait au final obtenu de limiter l’effort à 5,3%, avec en contrepartie l’obligation de ramener le déficit public à 3% en 2013.

 “Le message est limpide”, estime Martin Van Vliet, économiste pour la banque néerlandaise ING. “L’Espagne va devoir imposer bien plus de rigueur, en particulier en 2013, afin d’espérer atteindre ses objectifs de déficit. Cela semble toutefois très difficile, cela va sans dire, au vu des réactions de la population et du niveau intolérable du chômage”.

 Une autre solution serait que Bruxelles fasse preuve de souplesse à l’égard de l’Espagne et de ses objectifs de réduction du déficit. La Commission a déjà envoyé des signes en ce sens. M. Rehn a notamment assuré récemment que le pacte de stabilité ne serait pas appliqué de manière “stupide”.

 Une référence à des propos tenus en 2002 par le président d’alors de la Commission européenne, Romano Prodi, qui avait qualifié le pacte d’instrument “stupide” car trop rigide.

AWP

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F. LETUVEE
Par F. LETUVEE mai 11, 2012 07:22