Affaire DSK: Tristane Banon entendue

Rédaction
Par Rédaction 13 Juil 2011 03:43

La romancière et journaliste Tristane Banon a été entendue ce 11 juillet par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance à la personne, dans le cadre de sa plainte pour tentative de viol déposée contre Dominique Strauss-Kahn.

D’une semaine l’autre dans les affaires de Dominique Strauss-Kahn.

Quand l’horizon judiciaire semble se dégager aux Etats-Unis, le ciel parisien s’assombrit. Moins d’une semaine après son dépôt de plainte pour tentative de viol déposée auprès du parquet de Paris, trois jours après l’ouverture d’une enquête préliminaire, Tristane Banon est entendue ce matin 11 juillet par la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP). La célérité des policiers à mener l’enquête préliminaire valide pour l’instant la stratégie un brin provocatrice de l’avocat de la jeune femme, Me David Koubbi. « On verra comment la justice française traite ce genre de cas », a scandé Me Koubbi, qui sait sa cliente et son cabinet attendus au tournant. D’où d’infinies précautions.

Depuis les débuts du feuilleton DSK, démarré dans la nuit du 14 au 15 mai à New York, Tristane Banon et son avocat ont pris grand soin de se détacher de l’actualité et de la procédure américaines, pour ne pas se faire imposer un calendrier.

Refusant de répondre à l’appel aux victimes lancé par Kenneth Thompson, l’avocat de l’employée du Sofitel, s’ils n’avaient pas accès au dossier américain – sans pour autant préjuger du statut de Nafissatou Diallo- , pesant, soupesant et sélectionnant les interview accordées, la demoiselle et son conseil n’ont jamais oublié d’appuyer sur une différence fondamentale entre droit américain et droit français, la présomption d’innocence.

Le feuilleton new-yorkais -et ses retournements- n’ont ainsi pas influé sur leur calendrier, ni même sur la décision de saisir la justice. Selon les informations glanées par Bakchich, c’est l’attitude d’un autre socialiste qui a emporté la décision de Tristane Banon de porter plainte, malgré 8 années écoulées depuis les faits dénoncés. Un candidat -encore un- à la présidentielle, François Hollande a malgré lui joué un rôle décisif.

Ses valses hésitations quant à sa connaissance des faits, passant d’un « je n’en avais pas eu connaissance » à un « je ne savais pas dans le détail » entre mai et juillet, ont été vécues autant de trahison par Tristane Banon.

Selon l’écrivaine, Hollande, premier secrétaire du Parti à l’époque de “sa rencontre” avec DSK, s’était particulièrement occupé d’elle. « Je n’ai pas eu directement à gérer cette affaire. (…) C’était lui en direct qui gérait » a confirmé à Mediapart Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de Hollande.

Craignant que la position de l’autruche adoptée par Hollande tienne lieu de ligne de conduite au sein du Parti socialiste, Banon s’est dès lors décidé à porter plainte. Et d’introduire dans la primaire socialiste, un nouvel ingrédient. « Il y a ceux qui assumeront d’avoir eu connaissance des faits, et ceux qui se risqueront au parjure », résume un proche du PS. Une nouvelle épine pour la Rose…

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Par Rédaction 13 Juil 2011 03:43