Les trois tamis de Socrate

P-L-M
Par P-L-M juillet 28, 2010 09:37

« Un jour, un homme vint trouver le philosophe Socrate et lui dit :

– Écoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.

– Je t’arrête tout de suite, répondit Socrate. As-tu songé à passer ce que tu as à me dire au travers des trois tamis ?

Et comme l’homme le regardait d’un air perplexe, il ajouta :

– Oui, avant de parler, il faut toujours passer ce qu’on a à dire au travers des trois tamis. Voyons un peu ! Le premier tamis est celui de la vérité. As-tu vérifié que ce que tu as à me dire est parfaitement exact ?

– Non, je l’ai entendu raconter et…

– Bien ! Mais je suppose que tu l’as au moins fait passer au travers du second tamis, qui est celui de la bonté. Ce que tu désires me raconter, est-ce au moins quelque chose de bon ?

L’homme hésita, puis répondit :

– Non, ce n’est malheureusement pas quelque chose de bon, au contraire….

– Hum ! dit le philosophe. Voyons tout de même le troisième tamis. Est-il utile de me raconter ce que tu as envies de me dire ?

– Utile ? Pas exactement…

– Alors, n’en parlons plus ! dit Socrate. Si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère l’ignorer. Et je te conseille même de l’oublier… ».

Cet apologue attribué au philosophe grec Socrate pourrait s’appliquer idéalement à la population de Saint-Martin. Royaume de la rumeur, on entend tout et le contraire de tout sur tout à chacun, et la Collectivité n’en sort pas indemne. Bruits sur l’Office du Tourisme, ragots sur les voyages somptuaires de certains de ses élus, soupçons sur des détournements de fonds de la taxe routière, clientélisme dans les appels d’offres… tout y passe, dans le doute comme dans l’ignoble.

A la charge de la Collectivité, tout est fait dans l’opacité en matière de finances et autorise alors les interrogations.

Un exemple parmi cent. Dernièrement, on a annoncé triomphalement l’obtention du diplôme SSIPA (niveau 1) pour 19 employés territoriaux, sur 23 candidats.

Merveilleux.

Ce qui l’est tout autant, c’est le montant de la formation : 72 000 euros, soit 3130 euros par personne. Pour 10 jours de cours, à un montant horaire de 35 euros, cela fait quand même, 809 euros  de l’heure pour le groupe entier ! Quand on apprend que le prix Nobel de physique américain Georges Smoot vient récemment de signer un contrat d’enseignant à l’université Paris 7 Diderot pour 4500 euros mensuels, on imagine la qualification des formateurs de la société IRSEC qui ont dispensé les cours et assurer l’examen, dont les épreuves se réduisent à  des QCM en trente minutes et une ronde de surveillance de 15 minutes pour signaler les anomalies dans la sécurité incendie !

De là à ce que de mauvais esprits confondent COM et commission, il n’y a qu’un pas.

L’idéal ne serait-il pas que la Collectivité autorise chacun des concitoyens, avec les trois tamis chers à Socrate, à vérifier la réalité des dépenses et la légalité des appels d’offres ? Mais où trouver ces documents ? Les demander ne reçoit qu’un silence méprisant, et entretient les rancœurs.

C’est d’ailleurs peut-être cela la raison de la formation SSIA : avoir 19 pompiers volontaires supplémentaires pour surveiller le feu qui couve dans la population…

PLM

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P-L-M
Par P-L-M juillet 28, 2010 09:37

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