Une pétition anti 5G circule sur Saint-Martin : Les fake news responsables ou irresponsables ?

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE septembre 10, 2020 17:26

Une pétition anti 5G circule sur Saint-Martin : Les fake news responsables ou irresponsables ?

La question majeure est donc la suivante : La 5G pose-t-elle un risque pour la santé ?

En France, mais pas seulement, sur nos territoires ultramarins depuis le même temps, on ironise depuis des lustres sur l’horizon auquel la technologie finira par être disponible. Pour autant, en Suisse ou en Belgique, par exemple, l’arrivée de la 5G inquiète. Les conférences, pétitions, votes et autres actions se sont multipliés, localement, pour empêcher l’installation d’antennes. Nos îles ne sont pas en reste, et localement, une pétition “tourne” actuellement sur les réseaux sociaux et par email concernant l’installation de la 5G à Saint-Martin. Il suffit d’aller jeter un coup d’oeil sur le contenu de cette pétition pour s’interroger sur le sérieux des affirmations qui sont mises à la une afin de convaincre le plus grand nombre du danger mortel que cette technologie présente.

Plus globalement, dans la majorité des cas des anti 5G, la crainte, étant que les émissions électromagnétiques de la technologie 5G se surajoutent à celles émises par les antennes 3G, 4G, EDGE/GPRS et GSM.
Sans qu’il n’y ait d’effet 100% avéré sur la santé de ces fréquences, des études, souvent contradictoires, évoquent bien souvent un certain nombre de risques. Alors, qui à raison ? Les fake news responsables ou irresponsables ?

Déjà, le principe de précaution si cher à nos politiciens les amènes a prendre certaines dispositions et si rien ne permet en l’état de dresser une conclusion claire sur le sujet, le législateur a fini par imposer aux constructeurs qu’ils mesurent les ondes émises par leurs appareils et indiquent, pour les dispositifs grand public, la quantité d’ondes absorbée par le corps, telle que mesurée à la tête et/ou à la ceinture. Un principe de précaution. Or, jusqu’ici, à chaque nouveau réseau, différentes études au fil des ans montrent que la hausse de volts par mètre n’a augmenté que de façon très marginale. Et rien n’indique que l’arrivée de la 5G augure autre chose.

Plus surprenant, et n’en déplaises aux détracteurs – la technologie 5G pourrait même aboutir à l’exact contraire, au fil de son adoption : une partie des antennes, en particulier celles de la bande 3,5 GHz, peuvent en effet diriger le signal vers les appareils qui en ont besoin, un peu comme une lampe torche – c’est ce que l’on appelle le beamforming. De quoi éviter que l’énergie émise par ces équipements ne soit absorbée par des personnes, murs, et autres obstacles inutiles. Et c’est justement la clé de son efficacité supposée dans les zones où les réseaux ont tendance à être surutilisés comme les gares, les stadiums, et autres lieux à forte fréquentation.

La catégorie dans laquelle se trouvent les ondes est appelée 2B (cancérogènes possibles). Il existe 4 autres niveaux : 1 (cancérogènes), 2A (probablement cancérogènes), 3 (inclassables) et 4 (probablement pas cancérogènes). En clair, le classement 2B est un groupe pour lequel la littérature scientifique n’a pas permis avec certitude d’établir un lien de causalité démontrant la nocivité des ondes. En un mot, le fait que l’OMS classe les champs électromagnétiques émis par les antennes des réseaux de télécommunications comme des « cancérogènes possibles » ne veut pas dire que ces ondes provoquent des cancers. La catégorie dans laquelle ces ondes sont classées implique que le risque, s’il existe, est faible, qu’il n’est pas avéré scientifiquement par aucune étude, sans être totalement exclu. Pour l’anecdote, les cornichons, par exemple, sont classés dans la même catégorie. Le café l’était jusqu’à récemment… Et oui, incroyable non ? Delà à interdire la consommation de cornichons…

Pour être un peu sérieux, il semble bien qu’il n’y ait pour l’heure aucune raison de s’inquiéter, ce qui ne signifie pas que des études ne doivent pas être menées au fil du déploiement pour vérifier, sur le long terme, que cela reste le cas. D’autant que les antennes sont soumises par précaution à des limites de puissance que les opérateurs n’ont pas le droit de dépasser.

En résumé, on voit ci et là des news alarmistes autour du sujet, mais il ne faudrait pas oublier trop vite qu’on vit à l’heure d’Internet et des fake news, où des infos non vérifiées et des amalgames sur des sujets sensibles comme celui-ci peuvent se diffuser.

Petite anecdote pour finir cette note d’information… Les radars civils, comme celui qu’on a à Juliana par exemple. Ce type de radar est d’une puissance de 5 kilowatts sur la bande des 7 ghz. 5 kilowatts ! Quand pour la 3, la 4 ou la 5G, on parle de quelques watts, savoir qu’un radar de ce type balaye la zone sur 360° en permanence… Ok, vous allez sûrement répondre que ce n’est pas la même chose et on ne va pas en débattre dans ce cas.

En conséquence, s’il est sain de questionner l’innocuité pour la santé des ondes des réseaux 5G, il est donc tout aussi sain de questionner la pertinence des discours les plus alarmistes sur le sujet et de ne pas raconter n’importe quoi.

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F. LETUVEE
Par F. LETUVEE septembre 10, 2020 17:26
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