Economie : 2015, une année mitigée pour Saint-Martin

Octavi de Lloà
Par Octavi de Lloà septembre 18, 2016 20:10

Economie : 2015, une année mitigée pour Saint-Martin

Comme chaque année, l’IEDOM (Institut d’émission des départements d’outre-mer) est venu présenter le rapport annuel pour l’année 2015. Une année mi-figue, mi-raisin, car si certains secteurs tirent leur épingle du jeu, d’autres, comme le BTP, sont à la peine.

Parmi l’assistance, on pouvait remarquer la présence de Mickaël Wery, représentant le directeur de la Mer de la Guadeloupe sur les îles du Nord, Régis Armengaud, chef du service des Territoires de la Mer et du Développement Durable (STMDD) de la préfecture des îles du Nord, Thierry Mahler, secrétaire général de la préfecture, de la préfète Anne Laubies et de la présidente de la COM, Aline Hanson (de gauche à droite).

Parmi l’assistance, on pouvait remarquer la présence de Mickaël Wery, représentant le directeur de la Mer de la Guadeloupe sur les îles du Nord, Régis Armengaud, chef du service des Territoires de la Mer et du Développement Durable (STMDD) de la préfecture des îles du Nord, Thierry Mahler, secrétaire général de la préfecture, de la préfète Anne Laubies et de la présidente de la COM, Aline Hanson (de gauche à droite).

Le nouveau directeur de l’IEDOM Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, Gilles Genre-Grandpierre a fait le déplacement sur le territoire, en compagnie de Ruth-Marie Jean, statisticienne et de David Lauret, responsable études et établissements de crédit.

Si Gilles Genre-Grandpierre a pris très récemment ses fonctions en Guadeloupe, il connaît très bien la Caraïbe pour avoir dirigé l’AFD (Agence française de développement) en République Dominicaine de 2012 jusqu’à il y a une semaine. Le directeur affirme avoir une très bonne connaissance du tissu économique et financier de la Caraïbe, « mais vu sous l’angle des grands projets d’infrastructures et du monde bancaire et financier ». Cette première venue professionnelle à Saint-Martin a été l’occasion de passer en revue l’année 2015 à Saint-Martin.

La population décroît

David Lauret a pris la parole et a notamment signalé que Saint-Martin connaît une décroissance démographique. La population diminue pour la 3e année consécutive « et affiche une évolution annuelle moyenne de -0,6 % entre 2008 et 2013 ». Une évolution qui contraste avec le rythme élevé durant les années 80 qui était de l’ordre de +17,1 %.

La population active, selon les dernières données disponibles, s’élève à 17 684 personnes en 2012. Le taux d’activité s’établit à 74,5 % et le taux de chômage à 33,3 %.

En 2012, plus des trois quarts des emplois sont des postes salariés, principalement des titulaires de la fonction publique et contrats à durée indéterminée, ce qui représente 80 % des emplois salariés, ainsi que des contrats à durée déterminée pour 18,5 %.

Ruth-Marie Jean, statisticienne et David Lauret, responsable études et établissements de crédit, ont détaillé une partie du rapport de l’IEDOM.

Ruth-Marie Jean, statisticienne et David Lauret, responsable études et établissements de crédit, ont détaillé une partie du rapport de l’IEDOM.

L’hôtellerie est au beau fixe

Le tourisme est le pôle majeur de l’activité de Saint-Martin, ainsi le secteur de l’hébergement et de la restauration représentent quasiment un tiers des emplois. Au 31 décembre 2015, l’association des hôteliers de Saint-Martin comptabilise 1611 chambres et pour 2015 les professionnels se déclarent satisfaits des résultats, puisque le taux d’occupation des hôtels progresse. Ainsi, l’occupation des hôtels connaît une augmentation d’environ 6 points par rapports à 2014, pour atteindre 56,8 % et le nombre de nuitées augmente de 5,7 %.

Selon le rapport de l’IEDOM, la part des croisiéristes qui arrivent à Marigot reste « très marginale dans le trafic total », toutefois l’activité de croisière se redresse, +126,1 %, pour atteindre 4 527 croisiéristes.

Le rapport annuel 2015 de l’IEDOM aborde tous les aspects socio-économiques de Saint-Martin.

Le rapport annuel 2015 de l’IEDOM aborde tous les aspects socio-économiques de Saint-Martin.

Le bâtiment toujours en galère

Le BTP emploie 484 salariés, soit 7,6% des effectifs salariés du secteur privé de l’île, et représente le 5e secteur pourvoyeur d’emploi. En 2015 la commande publique reste faible avec l’achèvement du chantier de la Cité scolaire, mais les projets d’aménagement du front de mer et la redynamisation de Marigot devraient influer sur une augmentation de l’activité.

A la fin de l’année 2015, les encours totaux de crédits immobiliers sont en repli de 1,3 % sur un an, après une hausse de 1,6 % en 2014. Une baisse qui serait principalement imputable aux crédits accordés aux entreprises qui faiblissent de 34,2 %, après avoir augmenté de 14,7 % en 2014.

L’encours des crédits en augmentation

Ruth-Marie Jean a pris le relais en affirmant qu’en 2015 l’encours des crédits octroyés à la clientèle de l’île se monte à 215,1 millions €. Une progression de 6,7 %, alors qu’en 2014 elle était de +3,5 %, « un taux de croissance historique ».

Une croissance qui est imputable aux crédits d’investissement, +25,7 % après +9,8 % en 2014, et aux crédits d’exploitation, +41,7 % contre -3,3 % un an plus tôt. Par contre, l’encours des crédits à la consommation est en recul sur un an, avec -2,7 % alors qu’en 2014 il était de -1,5 %, tout comme les crédits à l’habitat, -1,3 % contre +1,6 % en 2014.

Les établissements de crédits dégagent des excédents

Selon Ruth-Marie Jean, les données de l’IEDOM font ressortir qu’au 31 décembre 2015, l’encours des crédits consentis aux entreprises saint-martinoises enregistre un taux de croissance élevé, identique à celui de 2014, soit +10,6 %, et atteint 101,1 millions €.

Une évolution due principalement aux crédits d’investissement qui concentrent les trois quarts des crédits fournis aux entreprises et qui progressent de 25,7 %.

Pour ce qui est de l’emplois-ressources, fin 2015, les établissements de crédits implantés à Saint-Martin dégagent un excédent de financement sur les opérations avec la clientèle, dans le secteur ressources-emplois, de l’ordre de 142,4 millions €, en hausse de 19,5 % sur un an, soit +23,3 millions €.

La totalité du rapport, véritable usine à gaz, est disponible et téléchargeable sur le site www.iedom.fr.

Photo une : Gilles Genre-Grandpierre vient de prendre la direction de l’IEDOM Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, après avoir dirigé pendant près de 4 ans l’Agence Française de Développement en République Dominicaine.

Octavi de Lloà

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Par Octavi de Lloà septembre 18, 2016 20:10

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