Paris : 5 morts et 57 blessés dans l’incendie d’un immeuble

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE 14 Avr 2011 05:55

Paris : 5 morts et 57 blessés dans l’incendie d’un immeuble

 

Des sapeurs-pompiers s'affairent après un incendie dans lequel cinq personnes sont mortes, le 14 avril 2011 à Paris.

PARIS — L’incendie, d’origine indéterminée d’un immeuble du XXe arrondissement de Paris, le pire sinistre qu’ait connu la capitale depuis l’année noire de 2005, a fait cinq morts, dont quatre par défenestration, six blessés graves et 51 plus légèrement atteints, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Quatre personnes – trois femmes et un homme – ont péri en se défenestrant. Le cinquième mort a été retrouvé brûlé dans les étages de cet immeuble situé Cité du Labyrinthe, dans le quartier de Ménilmontant, ont précisé les secours à une journaliste de l’AFP sur place. Ce bilan est “en train de se stabiliser”, ont-ils précisé vers 08H00.

Un pompier a été gravement électrocuté, deux autres légèrement. Six enfants figurent parmi les blessés légers. C’est le bilan depuis lourd depuis 2005, année marquée par plusieurs sinistres dont celui de l’hôtel d’hébergement d’urgence Paris-Opéra (25 morts, dont 10 enfants).

Un violent feu d’escalier avait pris peu après 03H00, pour des raisons encore indéterminées, dans cet immeuble de cinq étages. Composé d’habitations et d’ateliers d’artistes, le bâtiment est une propriété privée.

Le sinistre, qui s’est déclaré dans “le bas de la cage d’escalier”, s’est rapidement propagé dans cette “cité particulièrement difficile d’accès”, selon la maire socialiste du XXe arrondissement, Frédérique Calandra.

Une victime évacuée par un bénévole de la Croix Rouge après un incendie dans lequel cinq personnes sont mortes, le 14 avril 2011 à Paris

“On est dans un des quartiers les plus denses de Paris, caractérisé par une suroccupation des appartements”, a ajouté l’édile selon laquelle “l’immeuble n’était pas vétuste”.

Fait rare, le plan rouge, qui permet une coordination des moyens en cas de nombreux blessés, a été déclenché, ont signalé les pompiers.

Les secours sont arrivés huit minutes après le premier appel.

Quelque 300 sapeurs-pompiers issus d’une trentaine de casernes sont parvenus au bout de deux heures à éviter toute propagation aux immeubles voisins très proches du lieu d’incendie.

La configuration des lieux a compliqué le déploiement des secours: l’immeuble “relativement enclavé”, selon le lieutenant-colonel Frédéric Grosjean, porte-parole des pompiers, est situé au coeur d’une cité dont un des deux accès est limité à un petit passage voûté, empêchant l’entrée des camions. A l’intérieur de l’immeuble, un accès unique dessert deux cages d’escalier, selon un plan des lieux fourni de même source.

Le feu a été circonscrit vers 05H30, selon les pompiers.

Avant l’arrivée des secours, six personnes s’étaient défenestrées. Des matelas avaient été disposés au sol par des habitants pour amortir les chutes.

Le lieutenant-colonel Grosjean, déplorant “un drame humain”, a parlé d’une “situation toujours catastrophique car les occupants sont surpris dans leur sommeil”.

La maire de l’arrondissement a évoqué des “escaliers en bois très étroits et vétustes même si, d’après ce que nous savons, l’immeuble n’était pas vétuste”.

Après 08H00, d’importants secours étaient encore présents sur les lieux et les pompiers commençaient le travail de déblaiement qui pourrait durer toute la journée selon le Lieutenant-colonel Grosjean. Deux heures plus tôt des blessés étaient évacués, emmitouflés dans des couvertures de survie, a constaté l’AFP.

Selon l’officier, “la moitié de l’immeuble ne pourra pas être réoccupé”.

La mairie de Paris, a indiqué Mme Calandra sur I-Télé, a ouvert un gymnase pour accueillir les rescapés qui seront, “bien sûr” relogés, a-t-elle dit.

 

Des sapeurs-pompiers au pied de l'immeuble où a eu lieu un incendie meurtrier, le 14 avril 2011 à Paris.

Le laboratoire central de la PP procédait aux investigations pour déterminer l’origine du sinistre.

Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, s’est rendu sur place tôt jeudi matin. “Selon les éléments qui m’ont été présentés sur place”, a-t-il fait savoir dans un communiqué, l’immeuble, “modeste”, “ne présentait pas de signes d’insalubrité”. “Il appartiendra à l’enquête judiciaire de déterminer l’origine de l’incendie”, a-t-il ajouté.

La rue de Ménilmontant avait été bloquée par les secours, empêchant de se rendre à proximité de l’immeuble ravagé.

De Gaëlle GEOFFROY (AFP)

 

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F. LETUVEE
Par F. LETUVEE 14 Avr 2011 05:55