Croix-Rouge de Saint-Martin : Entre actions concrètes et projets

Octavi de Lloà
Par Octavi de Lloà juillet 20, 2016 12:27

Croix-Rouge de Saint-Martin : Entre actions concrètes et projets

Depuis plus d’un an, l’administration provisoire de la délégation de la Croix-Rouge de Saint-Martin est assurée par Roland Toussaint, directeur de l’hôpital Louis-Constant Fleming. Une présidence intérimaire, dans l’attente des élections qui auront lieu au début de l’année 2017, et qui permet de combler une vacance de poste.

Depuis plus d’un an, l’administration provisoire de la délégation de la Croix-Rouge de Saint-Martin est assurée par Roland Toussaint, directeur de l’hôpital Louis-Constant Fleming. Une présidence intérimaire, dans l’attente des élections qui auront lieu au début de l’année 2017, et qui permet de combler une vacance de poste. Après plusieurs demandes du président national de la Croix-Rouge, Roland Toussaint a fini par accepter cette fonction provisoire. « J’essaie de faire un travail intéressant avec les volontaires et les quelques salariés que l’on a depuis peu de temps. Ca a l’air de redonner une image un peu plus positive de la Croix-Rouge à Saint-Martin », estime Roland Toussaint. En ce qui concerne les actions de l’association au quotidien, « la vesti-boutique, la distribution de repas, le fait de permettre aux sans domiciles fixes de venir et de prendre une douche, etc, tout cela fonctionne très bien ». Les maraudes, ces sorties dans les quartiers de la ville, qui permettent « de donner des repas, des trousses d’hygiène, du café, du réconfort, de voir la santé de ces SDF, ça marche très bien ». Recherche bénévoles, désespérément… Tout irait pour le mieux dans le fonctionnement de la structure, si beaucoup de secouristes volontaires n’avaient quitté l’association. Et dès qu’il y a des manifestations, culturelles ou sportives, la Croix-Rouge est toujours présente, mais « quand il y a des secouristes bénévoles qui doivent tenir des postes le week-end, et que ce sont les mêmes personnes qui doivent revenir, ça fini par devenir fatigant ». Alors que la délégation de Saint-Martin comprenait environ treize secouristes, il n’y en a plus que six pour tenir les postes, « donc on essaie de recruter, de faire venir des jeunes volontaires, de telle sorte qu’on puisse tenir les postes, et être présents lorsque la préfecture ou la sécurité civile nous le demande ». Un Samu social en prise directe avec les défavorisés Récemment, la Croix-Rouge a ouvert un Samu social dans un local situé sur la route d’Orient Bay, près de la station-service, « avec un délégué régional et deux saint-martinois qui ont été recrutés et qui vont sur le terrain tous les jours, dans un bus, à la rencontre des personnes défavorisées, des SDF, etc… Ce Samu social fonctionne bien », assure Roland Toussaint. Les bénévoles qui font les maraudes sont désormais accompagnés par ces salariés et, lorsqu’ils rencontrent les SDF qui, notamment, n’ont plus de soins médicaux font le lien avec les services sociaux de l’hôpital ou de la Collectivité, « ce qui est quelque chose de très positif pour la population ». 1250 € par jour L’association est en train d’essayer de créer des lits-haltes de soins, « on cherche un local, ce qui rendrait de très grands services à l’hôpital. Lorsque des gens sont soignés pendant cinq ou six jours en médecine, ils sont, ou handicapés, ou ils n’ont pas de soutien social, pas de logements ou très mal logés. Ces personnes-là pourraient, pendant un certain temps, être logées, avoir une vie sociale avant de pouvoir reprendre un cours normal ». Un dossier a été déposé à l’ARS (Agence régionale de la santé) pour cette création de lits-haltes de soins, avec des demandes de subventions au niveau de l’Etat et de l’Europe. « Les dossiers ont été montés par la direction régionale en Martinique qui a dépêché quelqu’un sur place, Pascal Courbet, qui anime et qui est en train de monter le projet ». L’hôpital fait souvent l’hébergement social « et un lit à l’hôpital c’est 1250 € par jour… Nous embolisons un lit qui pourrait servir à soigner quelqu’un d’autre. Toutes ces choses-là, la Croix-Rouge peut le développer à Saint-Martin ». L’argent, le nerf de la guerre Lorsque la présidence de la Croix-Rouge à Saint-Martin était assurée par Nicole Di Méo, un gala était organisé pour recueillir des fonds. « Est-ce qu’il faut faire un dîner de gala ? », s’interroge Roland Toussaint. « Parfois, il y a des gens qui viennent pour vous faire plaisir. Je préfèrerais qu’on nous fasse des dons, et qu’avec ces dons nous faisions des actions concrètes ». Car, si en Guadeloupe ou en Martinique, les délégations oeuvrent avec la Banque Alimentaire, « à Saint-Martin, on sort l’argent de nos caisses pour pouvoir acheter les aliments que l’on donne ». Les fonds dont dispose la délégation saint-martinoise proviennent principalement des formations aux premiers soins qui sont organisés tous les mois. « Ce sont les seuls revenus de la Croix-Rouge. Je ne pense pas que je vais prendre l’initiative d’organiser un gala. Mais je vais continuer à développer la communication, à animer les formations et à rendre visible ce que l’on fait ; le Samu social, les lits-haltes, etc… ». Garantir des soins infirmiers Autre projet dans les cartons de la Croix-Rouge locale, inclure dans le Samu social une infirmière Croix-Rouge, « ensuite, nous allons demander à la Collectivité de passer dans les centres sociaux qu’ils ont à Sandy Ground, Concordia et Quartier d’Orléans ». La structure locale n’a pas « les moyens d’avoir un vrai bus, comme il en existe en Guadeloupe, donc avec le bus du Samu social on garanti des soins infirmiers, pendant la semaine, dans ces trois centres ». Roland Toussaint veut ainsi jumeler deux actions avec les moyens dont la Croix-Rouge de Saint-Martin dispose, tout d’abord, « présence dans les centres de soins de ces trois quartiers, ensuite présence avec le Samu social pour ceux qui, parfois, refusent les soins ». Envie de donner un peu de son temps pour aider les personnes défavorisées ? La délégation de la Croix-Rouge locale est joignable au 0590 87 86 50. Octavi de Lloà Légende photo 1 : « J’essaie de faire un travail intéressant avec les volontaires et les quelques salariés que l’on a depuis peu de temps », Roland Toussaint, président de la délégation de la Croix-Rouge à Saint-Martin. Légende photo 2 : « On essaie de recruter, de faire venir des jeunes volontaires, de telle sorte qu’on puisse tenir les postes, et être présents lorsque la préfecture ou la sécurité civile nous le demande », Roland Toussaint, président de la délégation de la Croix-Rouge à Saint-Martin.


« J’essaie de faire un travail intéressant avec les volontaires et les quelques salariés que l’on a depuis peu de temps », Roland Toussaint, président de la délégation de la Croix-Rouge à Saint-Martin.

Après plusieurs demandes du président national de la Croix-Rouge, Roland Toussaint a fini par accepter cette fonction provisoire. « J’essaie de faire un travail intéressant avec les volontaires et les quelques salariés que l’on a depuis peu de temps. Ca a l’air de redonner une image un peu plus positive de la Croix-Rouge à Saint-Martin », estime Roland Toussaint.

En ce qui concerne les actions de l’association au quotidien, « la vesti-boutique, la distribution de repas, le fait de permettre aux sans domiciles fixes de venir et de prendre une douche, etc, tout cela fonctionne très bien ».

Les maraudes, ces sorties dans les quartiers de la ville, qui permettent « de donner des repas, des trousses d’hygiène, du café, du réconfort, de voir la santé de ces SDF, ça marche très bien ».

Recherche bénévoles, désespérément…

Tout irait pour le mieux dans le fonctionnement de la structure, si beaucoup de secouristes volontaires n’avaient quitté l’association. Et dès qu’il y a des manifestations, culturelles ou sportives, la Croix-Rouge est toujours présente, mais « quand il y a des secouristes bénévoles qui doivent tenir des postes le week-end, et que ce sont les mêmes personnes qui doivent revenir, ça fini par devenir fatigant ».

Alors que la délégation de Saint-Martin comprenait environ treize secouristes, il n’y en a plus que six pour tenir les postes, « donc on essaie de recruter, de faire venir des jeunes volontaires, de telle sorte qu’on puisse tenir les postes, et être présents lorsque la préfecture ou la sécurité civile nous le demande ».

Un Samu social en prise directe avec les défavorisés

Récemment, la Croix-Rouge a ouvert un Samu social dans un local situé sur la route d’Orient Bay, près de la station-service, « avec un délégué régional et deux saint-martinois qui ont été recrutés et qui vont sur le terrain tous les jours, dans un bus, à la rencontre des personnes défavorisées, des SDF, etc… Ce Samu social fonctionne bien », assure Roland Toussaint.

Les bénévoles qui font les maraudes sont désormais accompagnés par ces salariés et, lorsqu’ils rencontrent les SDF qui, notamment, n’ont plus de soins médicaux font le lien avec les services sociaux de l’hôpital ou de la Collectivité, « ce qui est quelque chose de très positif pour la population ».

Légende photo 2 : « On essaie de recruter, de faire venir des jeunes volontaires, de telle sorte qu’on puisse tenir les postes, et être présents lorsque la préfecture ou la sécurité civile nous le demande », Roland Toussaint, président de la délégation de la Croix-Rouge à Saint-Martin.

Légende photo 2 :
« On essaie de recruter, de faire venir des jeunes volontaires, de telle sorte qu’on puisse tenir les postes, et être présents lorsque la préfecture ou la sécurité civile nous le demande », Roland Toussaint, président de la délégation de la Croix-Rouge à Saint-Martin.

1250 € par jour

L’association est en train d’essayer de créer des lits-haltes de soins, « on cherche un local, ce qui rendrait de très grands services à l’hôpital. Lorsque des gens sont soignés pendant cinq ou six jours en médecine, ils sont, ou handicapés, ou ils n’ont pas de soutien social, pas de logements ou très mal logés. Ces personnes-là pourraient, pendant un certain temps, être logées, avoir une vie sociale avant de pouvoir reprendre un cours normal ».

Un dossier a été déposé à l’ARS (Agence régionale de la santé) pour cette création de lits-haltes de soins, avec des demandes de subventions au niveau de l’Etat et de l’Europe. « Les dossiers ont été montés par la direction régionale en Martinique qui a dépêché quelqu’un sur place, Pascal Courbet, qui anime et qui est en train de monter le projet ».

L’hôpital fait souvent l’hébergement social « et un lit à l’hôpital c’est 1250 € par jour… Nous embolisons un lit qui pourrait servir à soigner quelqu’un d’autre. Toutes ces choses-là, la Croix-Rouge peut le développer à Saint-Martin ».

L’argent, le nerf de la guerre

Lorsque la présidence de la Croix-Rouge à Saint-Martin était assurée par Nicole Di Méo, un gala était organisé pour recueillir des fonds. « Est-ce qu’il faut faire un dîner de gala ? », s’interroge Roland Toussaint. « Parfois, il y a des gens qui viennent pour vous faire plaisir. Je préfèrerais qu’on nous fasse des dons, et qu’avec ces dons nous faisions des actions concrètes ».

Car, si en Guadeloupe ou en Martinique, les délégations oeuvrent avec la Banque Alimentaire, « à Saint-Martin, on sort l’argent de nos caisses pour pouvoir acheter les aliments que l’on donne ».

Les fonds dont dispose la délégation saint-martinoise proviennent principalement des formations aux premiers soins qui sont organisés tous les mois. « Ce sont les seuls revenus de la Croix-Rouge. Je ne pense pas que je vais prendre l’initiative d’organiser un gala. Mais je vais continuer à développer la communication, à animer les formations et à rendre visible ce que l’on fait ; le Samu social, les lits-haltes, etc… ».

Garantir des soins infirmiers

Autre projet dans les cartons de la Croix-Rouge locale, inclure dans le Samu social une infirmière Croix-Rouge, « ensuite, nous allons demander à la Collectivité de passer dans les centres sociaux qu’ils ont à Sandy Ground, Concordia et Quartier d’Orléans ».

La structure locale n’a pas « les moyens d’avoir un vrai bus, comme il en existe en Guadeloupe, donc avec le bus du Samu social on garanti des soins infirmiers, pendant la semaine, dans ces trois centres ».

Roland Toussaint veut ainsi jumeler deux actions avec les moyens dont la Croix-Rouge de Saint-Martin dispose, tout d’abord, « présence dans les centres de soins de ces trois quartiers, ensuite présence avec le Samu social pour ceux qui, parfois, refusent les soins ».

Envie de donner un peu de son temps pour aider les personnes défavorisées ? La délégation de la Croix-Rouge locale est joignable au 0690 50 55 05

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Par Octavi de Lloà juillet 20, 2016 12:27