Entretien avec Philippe de Villiers après la parution de son livre best-seller intitulé “Le moment est venu de dire ce que j’ai vu”

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE 10 Nov 2015 07:58

Entretien avec Philippe de Villiers après la parution de son livre best-seller intitulé “Le moment est venu de dire ce que j’ai vu”

Une heure d’échanges et de confidences avec Yannick Urrien sur de nombreux sujets, l’homme libère sa parole avec une vérité peut courante dans le monde politique, même si celui-ci affirme de plus en faire (de la politique..).

Philippe de Villiers pose en bloc des phrases choc avec probablement un peu moins de langue de bois qu’a l’accoutumé. “la situation est très grave, la France peut mourir. Je pense que la France est en train de mourir et, s’il n’y a pas un gigantesque sursaut, la France glissera définitivement dans l’abîme. Elle est submergée de l’extérieur et effondrée de l’intérieur. Submergée de l’extérieur, parce que l’on a transféré notre souveraineté. J’ai entendu Monsieur Hollande dire : “On va faire ceci, on va faire cela…” Mais il sait très bien qu’il ment, puisqu’il n’a plus de pouvoir. Quand le pouvoir n’a plus le pouvoir, il ne peut plus rien faire pour nous. On a transféré la souveraineté et on n’a plus aucun pouvoir. On est un protectorat américain.”

Livre-Villiers1

Le Moment est venu de dire ce que j’ai vu – Philippe de Villiers – Éditions Albin Michel.

Philippe de Villiers aborde la question de l’immigration, sa rencontre avec Sa Majesté le Roi Hassan II, la manipulation de SOS Racisme, la lâcheté de la classe politique et il invite à la création d’une génération de dissidents : ” Vous avez aujourd’hui énormément de jeunes qui ont compris qu’ils ont été floués. Ils en sont conscients. On est minoritaire, on sait que l’on ne sera pas demain majoritaire, donc ce système dans lequel la majorité devient totalitaire est un système qui nous a floués. Donc, je ne crois plus aux hommes politiques et je crée mon isolat de résistance… Une société se sauve, non pas par des mises en garde, mais par des réalisations que l’on accroche à contre-pente. Regardez ce qui se passe avec les écoles en ce moment… Partout où il y a deux familles qui résistent, elles s’unissent et elles créent leur école… Il y a donc des écoles parallèles, des médias parallèles, une culture parallèle, etc. Par la force des choses, on va avoir une contre-société, avec des pensées indépendantes, qui vont former des résistants attachés à la transmission. Pendant ce temps-là, les laïcards se stérilisent eux-mêmes, puisqu’ils ont inventé un système qui ne leur permet pas de se reproduire… Et les cliniques indiennes ne suffiront pas pour fournir les enfants ! La bataille démographique va se jouer entre ceux qui croient encore à la famille et ceux qui n’y croient plus. Ceux qui croient encore en la famille vont continuer de faire des enfants et ils vont être bientôt conscients de la nécessité de créer ce que Raspail avait appelé des “isolats de résistance”. Je ne trouve pas d’autre expression, parce qu’elle est très belle. Ce que je vous dis, c’est ce que m’avait prédit Soljenitsyne en 1996.
devilliersC’est comme cela que les choses se sont passées dans les pays de l’Est sous la botte communiste et en Union soviétique “. Ainsi, «Un jour, les sociétés parallèles feront basculer le système. Un jour, un gars de trente ans va dire : “Je suis père de famille, j’ai trois enfants, on me fait payer mes impôts pour le remboursement de l’avortement, la grande migration islamique, les mosquées… Donc, je ne paie plus mes impôts ! ” Qu’est-ce qui va se passer ? Le gars va aller en taule. Et puis, son voisin va dire : “Je fais pareil…” Au début, les prisons seront remplies mais, un jour, les murs des prisons tomberont, car il y aura un grand mouvement de désobéissance civique. Moi, j’appelle à la désobéissance civique ! La désobéissance civique, c’est l’idée que ceux qui sont attachés à des valeurs fondatrices n’acceptent pas la destruction de la société. Je dis aux hommes politiques : vous êtes des criminels, parce que vous avez abandonné la souveraineté et vous n’avez pas osé le dire aux Français. J’entends les Hollande, Sarkozy, Juppé et les autres qui font mine d’avoir le pouvoir, ou de le conquérir…”

Même si il semble que de Villiers sort des clous et parle avec une franchise peu commune, on ne peut s’empêcher de penser que 2017 puisse être pour lui un terrain de jeu, et le Vendéen est à deux doigts de franchir la barrière.

On sait que le président du Mouvement pour la France estime qu’il a une place à prendre à droite des Républicains et à gauche du FN, après six ans d’absence, son de retour sur la scène médiatique n’est dans tous les cas pas anodin et pèsera lourd dans la bataille qui ne va pas tarder à commencer.

Le sondage réalisé par l’Ifop pour Valeurs actuelles le conforte dans son optimisme : un tiers des électeurs de droite et du FN considère que son retour serait une bonne chose.

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE 10 Nov 2015 07:58