Pourquoi le risque nucléaire en france est faible…

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE mars 18, 2011 21:07

Pourquoi le risque nucléaire en france est faible…

J’entends dire ci et la des choses fausses concernant le risque nucléaire sur les centrale françaises sans parler de la volonté de comparer l’accident de Tchernobyl à ce qui se passe au Japon.

Je me permet donc d’éclaircir certains points concernant les différences importantes entre les centrales au Japon et le parc de centrales Françaises.

Petit détour sur l’accident de Tchernobyl  qui est profondément différent :

Le réacteur de la tranche 4 qui à explosé était de type RBMK1000 (réacteur de grande puissance à tubes de force). Par sa conception, ce type de réacteur présente plusieurs points faibles :

1 – Pas d’enceinte de confinement du réacteur . (Dessin du Réacteur de type RBMK100) et dessus du réacteur ICI

2 – Utilisation d’un modérateur au Graphite (Très inflammable à haute température). Ce Graphite à brulé longtemps avant d’être éteint par les pompiers très mal protégés par ailleurs.. Dégagement d’un énorme nuage radioactif qui à comme on le sait, fait le tour de la planète…

3 – Le système d’arrêt d’urgence du réacteur est particulièrement lent (20 secondes). Ce système d’arrêt d’urgence est assuré par le déplacement de barres modératrices, dites barres de contrôle, qui descendent dans le cœur du réacteur. En outre, dans certaines situations les barres de contrôle accroissent la réactivité durant la première phase de leur descente dans le cœur. Cette particularité a été un facteur aggravant de l’accident car les opérateurs ont ainsi été trompés : ils disposaient sans le savoir d’un accélérateur et non pas d’un frein de la réaction nucléaire en chaîne. Dans les centrales du même type que les centrales françaises, ces barres descendent sous la seule action de la gravité en cas d’urgence. De ce fait, elles mettent environ 1 seconde à atteindre leur efficacité maximale.

Revenons au Japon:

Fukushima Daiichi possède 6 réacteurs  de technologie REB (réacteur à eau bouillante, cliquez ici pour visualiser le dessin)

Avant le séisme, 3 réacteurs étaient en fonctionnement, les réacteurs 1,2 et 3.

Les réacteurs 4,5 et 6 étaient donc à l’arrêt.

Le séisme a provoqué l’AAR (Arrêt Automatique du Réacteur) par insertion des grappes de commandes.

Il s’agit de barres constitués d’éléments neutrophage, c’est à dire capable d’absorber un neutron, cela a eu pour effet de stopper la réaction en chaine.

Cependant, sans pour autant endommager les réacteurs le séisme a provoqué la coupure électrique de l’alimentation externe de la centrale.

L’alimentation externe est essentielle pour alimenter les moteurs de pompes, l’éclairage, les automatismes, les commandes, etc..

Fukushima, comme toute les centrales est qualifiées contre le séisme et des moyens compensatoires ont donc démarrer normalement, ce sont les diesels de secours.

Donc, pour résumer, suite au séisme, il y a eu l’arrêt de tous les réacteurs en fonctionnement et la mise en service de l’alimentation électrique de secours.

Tout était normal à ce moment donné, rien à signaler.

Ensuite le tsunami.

A la conception, des études (hors TEPCO, l’exploitant) ont été réalisé pour dimensionner l’impact d’un tsunami sur la centrale.

Le rapport faisait état d’une vague d’une hauteur maximale possible de 8m.

Les japonais ont donc fabriqué une digue de 10m pour se protéger d’un tsunami..

Hors, la violence inouïe (et imprévisible) du séisme a provoqué un tsunami atteignant 12m de haut.

L’eau s’est engouffrée dans la centrale et a noyé les diesels provoquant la perte de toutes les alimentations électriques disponibles.

Pour refroidir le cœur du réacteur, on utilise la circulation de l’eau, afin d’évacuer la puissance résiduelle par échange thermique.

Et sans les pompes, impossible d’assurer la circulation du fluide.

En France, la technologie du réacteur étant différente, la circulation aurait été assuré par un effet thermodynamique bien connu:  Le thermosiphon.

De plus, les centrales thermiques françaises (REP) ont un système de secours qui utilise la vapeur pour entrainer un alternateur de secours qui alimente les matériels importants.

Retour à Fukushima, où les réacteurs 1,2 et 3 n’ont donc plus été refroidi.

ça à provoqué l’évaporation de l’eau et donc le découvrement du combustible et donc la fusion de ce dernier.

La fusion est la fonte du combustible à cause de la chaleur (comme du métal en fusion).

La fusion des gaines, qui contiennent le combustible a provoquée une réaction chimique avec l’eau et il y a eu production d’hydrogène.

Le BR (Bâtiment réacteur) est donc monté en pression.

Afin de garder l’intégrité de l’enceinte de confinement, les opérateurs ont effectué une dépressurisation par le compartiment du haut du bâtiment (vide) et au contact de l’air, l’hydrogène a explosé.

En France, le BR est équipé de plusieurs recombinateurs d’hydrogène en platine.

Ces recombinateurs permettent d’inverser la réaction chimique en combiant l’hydrogène avec de l’oxygène pour en faire de l’eau.

Ce genre d’explosion est donc, un risque très limité en France.

Les opérateurs japonais ont donc sauvé l’enceinte de confinement.

– Alors, pourquoi a t’on mesuré de la radioactivité à ce moment?

Effectivement, même très faible, on a détecté un pic de radioactivité a ce moment, cela provient simplement de la dépressurisation de l’enceinte de confinement.

La circulation d’eau étant également HS sur les réacteurs 2 et 3 pour les mêmes raisons, ils ont eu les même difficultés.

– La tranche 3 s’est comporté exactement comme la tranche 1 (tranche=réacteur).

Mais pour la tranche 2, l’explosion a eu lieu dans l’enceinte de confinement et donc, a provoqué une faille dans le bâtiment réacteur, dernier rempart pour confiner la radioactivité.

– Le réacteur 4 était à l’arrêt, donc le combustible était dans la piscine de désactivation située sur le toit du BR.

Sans refroidissement, l’eau n’assure plus sa fonction et on parle de divergence du combustible. En gros, a une certaine température, le combustible reprend sa réaction.

Il y a eu montée en température et le niveau de la piscine a baissée.

Actuellement, on ne sait pas vraiment si il reste de l’eau ou pas, une chose est sûre, ça monte fâcheusement en température et le combustible pourrait fondre et donc dégager beaucoup de radioactivité.

Pour palier à cela, on essaye de remplir la piscine grâce à des hélicos et des camions à lances.

Les réacteurs 5 et 6 ont un groupe électrogène fonctionnelle pour les 2 piscines de désactivation, c’est pour cela que les opérateurs arrivent a gérer la situation pour le moment.

Depuis aujourd’hui, l’électricité est de retour. Espérons que la situation s’arrange.

Conclusion:
En France, et pour de nombreuses raisons, nous sommes à l’abri de ce genre d’accident de par la différence de technologie et les sécurités en plus que l’ASN (Autorité de Sureté Nationale) a imposée sur le territoire français. (thermosiphons, recombinateurs d’hydrogène en platine…)

Florent

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F. LETUVEE
Par F. LETUVEE mars 18, 2011 21:07