Dakar 2015 : Le récit de Jean Christophe THAMAS

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Par Autre janvier 14, 2015 15:01

Dakar 2015 : Le récit de Jean Christophe THAMAS

Première étape assez facile mais pas très intéressante sur le plan pilotage, sorte de prologue géant sur des pistes de terre et sable sans relief qui se déroule à fond de cinq, 140 km/h soit environ 30km de moins que les motos. Quelques pièges constitués de virages a 90 degrés rien de très technique. Le pire étant la liaison interminable de plus de 500 km sur l’autoroute.

La seconde étape à été annoncée comme très difficile lors du briefing. Le directeur de course a tenu sa promesse, au-delà même de ses attentes. La spéciale est une fournaise, j’apprends à l’arrivée au bivouac que Didier, mon camarade belge a été retrouvé inanimé déshydraté et en hyperthermie. Aux dernières nouvelles, il a été réanimé. Ça me rappelle un mauvais souvenir, dans les mêmes conditions l’an dernier, Éric cet autre pilote belge retrouvé malheureusement sans vie, les secours étant arrivés trop tard. J’apprends plus tard qu’un autre pilote moto Polonais est décédé sur cette étape dans les mêmes conditions. La première partie de la spéciale est assez sympathique, typée WRC avec des passages tout en glisse. J’arrive à doubler quelques quads et pas mal de motos. Une bonne partie de ces dernières me rattrape facilement dans les longues lignes droites. Le reste de l’étape est principalement composée de grands bouts droits entrecoupés de zones techniques et beaucoup de fesh fesch sous une chaleur accablante comme la veille 50°. Le directeur de course décide de neutraliser la spéciale au CP3 pour des raisons de sécurité car de nombreux motards sont coincés dans le fesch et souffrent d’hyperthermie. De plus les voitures ont cette partie de course commune aux motos. Sachant que les autos sont très rapides, le risque n’en est que plus élevé lors des dépassements.

La troisième étape était assez courte. J’ai bien roulé pendant la moitié de la spéciale mais j’ai dû m’arrêter pour réparer mon support d’instrumentation cassé. Ce qui ma obligé a ralentir le rythme mais je termine sans autres problèmes.

La quatrième étape commence plutôt bien, malgré une première partie toujours sans véritable intérêt technique pour nous les quadeurs. On retrouve encore les grandes lignes droites ou il faut rouler a fond de 5eme. A mi-parcours j’aperçois mon copain Sergei le Russe, sur le cote qui me demande de m’arrêté. Il m’explique avec beaucoup de précipitation que son roulement d’axe de roue arrière est en train de ce détérioré et me demande de le suivre en cas d’aggravation. J’accepte et après quelques kms il stoppe sa machine et me demande de le tracter. Auparavant Etienne Lavigne, le directeur du Dakar m’avait expliqué que la seconde partie de la spéciale était composée principalement de grandes dunes. La mission de tractage me paré donc impossible.

Sous l’insistance de Sergei, j’accepte de remorquer son Quad tant que la piste est roulante jusqu’au pied des dunes. Après 15 km mon Quad commence à chauffer. Je m’arrête a nouveau et explique la situation a mon compagnon de fortune. On repart donc cote a cote a petite vitesse sur quelques kms, jusqu’à ce qu’on entende un gros bruit métallique a l’arrière de son Quad, c’est son roulement qui vient de finir de ce détruire.

Nous sanglons son arbre afin d’essayer de le maintenir en place. Cette technique ne fonctionne pas mieux et après plusieurs tentatives, je suis obligé de laisser Sergei sur le coté de la piste en espèrant qu’il puisse se faire remorquer par une auto ou un camion.

Il ni parviendra pas et sera contraint a l’abandon. Je fini l’étape par le franchissement des immenses dunes dont la dernière avec une descente vertigineuse jusqu’au bivouac. Malheureusement toutes ces péripéties mon fait perdre beaucoup de temps et plusieurs places au classement général, je partirais donc parmi les derniers le lendemain.

A ce stade de la course je constate par rapport à 2014 que physiquement à tout les niveaux je suis en bien meilleure condition. Je n’ai plus ces petits problèmes notamment au pied qui avec la très grosse chaleur et l’humidité me faisait atrocement souffrir.(Merci a Dominique ma Podologue) Par relation le moral est lui aussi excellent.

Je prends donc le départ de la 5 eme étape en pleine forme, mais a mi parcours, sur une grande descente très caillouteuse, j’entends un bruit métallique au niveau de la transmission. Je m’arrête pour constater que la chaine est cassée en plusieurs endroits et qu’une réparation même provisoire me permettant de regagner le bivouac est impossible. De plus étant partis dans les derniers je n’ai pas d’espoir de trouver un autre quadeur qui pourrait me dépanner d’une chaine !! Je paye la cruellement le temps perdu hier à aider Sergei…..

Le Dakar s’arrête la pour moi sur un fort sentiment d’inachevé mais je positive en me disant que je ne suis pas blessé !!!

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