Création du Conseil de gestion du sanctuaire AGOA, la position de la Collectivité au travers du discours de Ramona Connor

Igor Rembotte
Par Igor Rembotte novembre 2, 2014 23:39

Création du Conseil de gestion du sanctuaire AGOA, la position de la Collectivité au travers du discours de Ramona Connor

Discours 2e VP Ramona Connor / Création du Conseil de gestion du sanctuaire AGOA


Mesdames et messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de vous transmettre les salutations sincères de Madame Aline Hanson, Présidente du Conseil territorial de Saint-Martin, qui ne peut être parmi nous ce soir, et qui m’a chargée de représenter notre Collectivité pour l’installation officielle du Conseil de gestion d’AGOA.

Nous avons la chance de vivre dans la région du monde qui abrite les écosystèmes les plus riches de la planète, ce qui fait de nos eaux territoriales un habitat privilégié pour des milliers d’espèces.

Ramona Connor, 2ème Vice Présidente de la Collectivité de Saint-Martin, Marcelle Pierrot, Préfète de la Région Guadeloupe, Ségolène Royal, Ministre de l'Environnement, du Développement durable et de l'Energie

Ramona Connor, 2ème Vice Présidente de la Collectivité de Saint-Martin, Marcelle Pierrot, Préfète de la Région Guadeloupe, Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, du Développement durable et de l’Energie

Or, nous savons tous, que l’enjeu de notre décennie est de mettre en œuvre une protection pérenne de notre biodiversité, au risque de la voir un jour disparaître. Les scientifiques le disent : la Terre est entrée dans une nouvelle ère géologique, l’ère Anthropocène, qui est marquée par la capacité de l’homme à modifier l’équilibre terrestre. En quelque sorte, l’homme a commencé à s’autodétruire. C’est la première fois depuis l’histoire de l’humanité que cela se produit…

La mise en place du Conseil de gestion d’AGOA revêt une importance toute particulière pour mon territoire, Saint-Martin, qui s’attache depuis de nombreuses années, à protéger sa biodiversité et la richesse de son environnement naturel.

En quelques mots, Saint-Martin c’est : 90 km2 de superficie ; des sites naturels d’exception servant d’habitat et de lieu de reproduction à plus de 170 espèces (endémiques pour beaucoup) ; 16 lagons protégés par un arrêté de biotope ; des centaines d’oiseaux migrateurs ; une flore et des richesses marines hors normes…

Conscient de cet environnement unique, Saint-Martin a créé dès 1998 une Réserve Naturelle qui s’étend sur 3000 hectares au Nord Est de l’île. 16 ans plus tard, Saint-Martin peut être fier de ce choix, car les espèces de poissons, les tortues et les mammifères marins, mais aussi les récifs coralliens et les mangroves se sont multipliés dans cette zone protégée.

La nouvelle feuille de route qui sera fixée à l’issue de la « Conférence Internationale de la biodiversité et du changement climatique » prendra en considération ce patrimoine naturel unique des RUP et des PTOM de la Caraïbes. Surtout, il permettra de réfléchir aux nombreuses problématiques environnementales de nos territoires ultramarins, qui représentent 80% de la biodiversité française.

Le Sanctuaire AGOA est le parfait exemple de ce qu’il faut faire, puisqu’en protégeant les mammifères marins sur une superficie de 143 000 km2, il est aujourd’hui reconnu « aire marine protégée française et internationale » et contribue à l’amélioration des connaissances sur la biodiversité ultramarine.

Le fait que le Conseil de Gestion soit composé d’acteurs politiques, d’acteurs économiques, associatifs, de scientifiques, issus des territoires, lui confère un réel pouvoir d’influence. Tous les acteurs de la mer se retrouvent autour de la table, et c’est une première !

Un budget dédié doit aussi lui permettre d’impliquer les citoyens et les usagers de la mer, afin de lutter efficacement contre les impacts négatifs de l’activité humaine sur notre environnement. A travers AGOA, c’est le savoir-faire français en matière de gestion des aires protégées qui est mis en avant dans la Caraïbe.

Outre les enjeux politiques et économiques évidents portés par le sanctuaire, son rôle pédagogique et éducatif reste effectivement crucial.

Les Antillais ne peuvent ignorer qu’ils sont les héritiers de ce patrimoine, aussi exceptionnel que fragile, qu’il est urgent de protéger.

Comme l’ont préconisé en 2009 les Etats Généraux de l’Outre-mer, la Coopération régionale est aussi un élément central de la réussite d’un tel dispositif. La protection des mammifères marins doit être appréhendée à une plus large échelle, avec la création de partenariats concrets avec les autres états caribéens. Saint-Martin fait là aussi figure d’exemple, puisque la Réserve Naturelle a initié depuis plusieurs années déjà des partenariats avec les îles Néerlandaises et Anglaises de la zone, sur la thématique des mammifères marins.

Enfin, n’oublions pas que nos îles des Antilles sont un formidable laboratoire de la Biodiversité et que l’Etat Français aurait tout à gagner à utiliser ce laboratoire pour gagner la bataille du développement durable et de la protection de la mer dans notre région. C’est aussi un secteur porteur d’emplois dans nos îles tournées vers le tourisme et fortement impactées par le chômage.

C’est en ce sens que la Collectivité de Saint-Martin a initié la création d’un Institut caribéen d’innovation et de technologie en Biodiversité (changement climatique, aquaculture et pêche), porté par la Réserve Naturelle, ainsi que la création d’un Centre de Recherches expérimental sur la Biodiversité terrestre et marine, adossé à l’Institut précité.

« Homme libre, toujours du chériras la mer », disait Charles Baudelaire dans l’Homme et la mer. A l’heure du dérèglement climatique, nous ne pouvons plus ignorer que notre Liberté dépend de l’équilibre de la nature qui nous entoure.

Je vous remercie.

Ramona Connor, 2ème Vice-Présidente de la Collectivité de Saint-Martin

 

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