Trinidad. Marée noire de grande envergure et polémique quant à l’origine du sinistre

Sxminfo Antilles
Par Sxminfo Antilles janvier 20, 2014 11:19

Trinidad. Marée noire de grande envergure et polémique quant à l’origine du sinistre

Cela fait maintenant plus d’un mois que des nappes d’hydrocarbures polluent les côtes du Sud-ouest de Trinidad et Tobago suite à une série de 11 fuites de pétrole sur le réseau de Petrotin, l’une des principales compagnies pétrolières nationales, dans un silence assourdissant.

Il faut savoir que l’exploitation pétrolière existe depuis 1856 sur Trinidad et remplit aujourd’hui 1% des barils du marché mondial, et que la polémique va bon train entre la compagnie qui met ces fuites sur le compte de sabotage tandis qu’un rapport confidentiel pointerait l’absence d’entretien du réseau.

Quoiqu’il en soit, c’est une véritable catastrophe écologique qui menace aujourd’hui le littoral trinidadien et commence à inquiéter le Vénézuela voisin.

Evidemment, la compagnie pétrolière multiplie les efforts pour contenir la dispersion et limiter les impacts. Ainsi, Petrotin a indiqué, lors d’une récente conférence de presse, que plus de 16 kilomètres (sur les 17 concernés) de plage et 1,4 kilomètre de mangrove avaient déjà été nettoyés ; 4 000 barils (sur les 7 000 estimés perdus, 1.13 millions de litres) de pétrole récupérés. En termes de coût, les opérations de nettoyage menées par Petrotin dépasseraient les 12 millions de dollars. Selon la compagnie pétrolière, ces opérations s’accompagnent de compensations financières, aux pêcheurs en particulier, pour un montant de 2,6 millions de dollars à ce jour.

Cependant, au regard des impacts inhérents aux marées noires tant sur l’environnement que sur les populations et les activités économiques, ces efforts s’avèrent insuffisants d’autant plus que, logiquement la compagnie est taxée de manque de transparence et de protéger ses propres intérêts.

Aussi, le Gouvernement a-t-il (enfin) décidé de prendre les choses en main selon le Premier ministre, Persad Bissessar, qui a annoncé vendredi 17 janvier 2014 son intention de mettre en place un comité de pilotage, la NEATF (National Environmental Assessment Task Force) qui aura à charge de définir les moyens à mettre en oeuvre pour lutter contre cette marée noire. Ce comité s’avère d’autant plus nécessaire que, comme souvent dans ce type de cas, les dispersants utilisés par Petrotrin suscitent également la polémique, certains estimant que “l’association du produit chimique au pétrole avait une portée beaucoup plus toxique pour la faune aquatique que le pétrole seul”.

Quoiqu’il en soit, il semble plus qu’urgent que les autorités de Trinidad s’impliquent dans la gestion de ce désastre environnemental au-delà de simples déclarations d’intention. Pourtant les membres du comité de pilotage n’ont à ce jour pas encore été nommés…


Bon à savoir 

Les dispersants sont des produits qui accélèrent la dispersion naturelle du pétrole par la houle, facilitant la dissociation des nappes de surface en une multitude de gouttelettes réparties dans les premiers mètres de la colonne d’eau. Les dispersants présentent un double intérêt. D’une part, la dispersion des nappes de surface dans la masse d’eau permet de les soustraire à l’effet du vent, ce qui est important lorsque ce vent porte vers des secteurs écologiquement sensibles. D’autre part, le fractionnement de la nappe en une multitude de gouttelettes facilite la dégradation des hydrocarbures par les bactéries naturellement présentes dans l’eau.

Cependant l’utilisation des dispersants est techniquement limitée. Ils doivent être employés dans des proportions et conditions précises. Ils demeurent peu efficaces sur des pétroles visqueux ou vieillis. La décision de les utiliser dans une situation particulière ne peut attendre : la dispersion est une option des premières heures, au plus des premiers jours, qui doit avoir été prévue au stade de l’élaboration du plan d’urgence, en fonction des caractéristiques de la zone. 

Concernant leur toxicité, il faut noter que les dispersants fractionnent le pétrole en une multitude de gouttelettes qui se répandent dans la masse d’eau, ils ne le font pas tomber au fond. Le fait de disperser les hydrocarbures entraîne une augmentation de leur toxicité localement et temporairement, le temps que le pétrole dispersé se dissémine dans un vaste volume d’eau pour devenir inoffensif. Cet effet implique une certaine limitation quant à l’usage de la dispersion près des côtes et des zones sensibles et/ou lorsque les conditions de dilution sont réduites.

Source : marées-noires.com


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