Mort aujourd’hui à l’âge de 82 ans de Michel POLAC: Journaliste, écrivain, critique et producteur de radiotélévision

Sxminfo Antilles
Par Sxminfo Antilles août 7, 2012 19:25

Mort aujourd’hui à l’âge de 82 ans de Michel POLAC: Journaliste, écrivain, critique et producteur de radiotélévision

Michel Polac, journaliste, écrivain, critique et producteur de radiotélévision, notamment de la célèbre émission Droit de réponse, est mort mardi à l’âge de 82 ans, a annoncé mardi sa famille à l’AFP. Selon sa famille, il est mort “d’épuisement après plusieurs maladies”.

Né dans une famille de la bourgeoisie parisienne, d’un père “juif et pétainiste”, disait-il, Michel Polac fait, très jeune, ses débuts à la radio, en étant animateur et producteur à 21 ans à la Radiodiffusion télévision française (RTF) devenue ORTF. Il a notamment créé, avec François-Régis Bastide, Le Masque et la Plume en 1955, qu’il a animé jusqu’en 1970. Il présente aussi plusieurs émissions littéraires à la télévision. Michel Polac avait parallèlement été critique dramatique et chroniqueur au journal Arts (1953-1964), puis critique littéraire à L’Express.
Mais c’est en 1981 qu’il devient résolument connu du grand public avec la création de Droit de réponse sur la Une, première émission polémique de débats à la télévision le samedi soir. Il y dénonce, à travers des confrontations houleuses, parfois musclées et souvent bien arrosées, les scandales du moment, de l’immobilier à la politique, en passant par le sport et les médias. Le magnat Robert Hersant quittera furieux le plateau, Coluche y fera en petite tenue sa campagne présidentielle et l’équipe de Charlie Hebdo, professeur Choron en tête, y annoncera la fin de l’hebdo, avant sa renaissance quelques années plus tard.

Michel Polac, fumeur de pipe ronchon et révolté, incarne alors l’arbitre des conflits, donnant la parole et la reprenant, souvent dans une joyeuse pagaille sur un plateau de télévision décoré en bistrot parisien. Droit de réponse durera près de sept ans émaillés de nombreux procès. En avril 1987, le gouvernement Chirac privatise TF1 en choisissant le groupe Bouygues. En septembre, Michel Polac et ses invités mettent violemment en cause la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL), ancêtre du CSA. Huit jours plus tard, refusant de prononcer les excuses exigées par Francis Bouygues, Michel Polac franchit la ligne jaune et lit à l’antenne et en direct la légende d’un dessin de Cabu : “Une maison de maçon, une télé de m…”.

TF1 le licencie, la presse de l’époque considère que la CNCL a “eu sa peau”. “Polac coulé dans le béton”, titre en Une le quotidien Libération. La chaîne affirmait alors que “le principe de ce type d’émission n’est pas remis en cause”, elle ne reverra pourtant jamais le jour. Il devient ensuite chroniqueur pendant dix ans à L’Événement du jeudi et anime l’émission Libre et change jusqu’en 1989. Il a aussi tenu une rubrique régulière dans Charlie Hebdo.

Auteur à la plume alerte, mais dans des ambiances souvent sombres, Michel Polac était souvent qualifié d’écorché à la sensibilité à fleur de peau. Ses détracteurs le qualifiaient, quant à eux, de masochiste. Lui-même aimait entendre dire de lui qu’il était anarchiste, malgré sa mise soignée de gentleman-farmer, veste en tweed et foulard. Il a notamment publié Une vie incertaine (1956, réédité en 2007) et en 2000 des extraits de son journal intime couvrant la période 1980-1998. Il est aussi revenu sur son enfance et ses petites blessures dans Maman, pourquoi m’as-tu laissé tomber de ton ventre ? (2000). Michel Polac a réalisé plusieurs films et téléfilms, dont son Autoportrait en vieil ours en 1998, mais aussi Un fils unique (prix Georges Sadoul 1970) et Monsieur Jadis (1975). Il est aussi passé devant la caméra au moins à deux reprises, en 1997 dans Post coïtum, animal triste de Brigitte Roüan et en 2005 dans Imposture de Patrick Bouchitey où il jouait le président du jury d’un prix littéraire.

À 70 ans, Michel Polac déclarait s’être “désintoxiqué” de la lecture quotidienne des journaux : “Submergé par les nouvelles de l’extérieur, on perd de vue les nouvelles de l’intérieur”, écrit-il alors. L’homme est réputé chaleureux, malgré un humour froid et ses proches admirent la constance de son esprit critique, sans compromis, jusqu’à l’extrême.

En 2005, après plusieurs allers et retours à France Inter, il est remercié de sa participation chaque jeudi dans Charivari. Michel Polac se déclare alors “amer bien que blasé pour avoir été viré tant de fois”. Celui qui disait volontiers “bouffer du curé” écrivait en 1989 : “Je voudrais devenir un trappiste laïque, que le silence finisse par éteindre le volcan en moi.”

AFP

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