Communiqué de presse Daniel Gibbs – Conseil territorial du 6 décembre 12

Sxminfo Antilles
Par Sxminfo Antilles 5 Déc 2012 18:27

Communiqué de presse Daniel Gibbs – Conseil territorial du 6 décembre 12

Le 25 octobre, lors de la dernière séance du Conseil territorial, les pirouettes d’un président de la Collectivité qui persiste à naviguer à vue, son mépris pour les instances de la COM, m’ont poussé à démissionner de la présidence de la commission « fiscalité », cette coquille vide qui n’a d’existence que de nom.

Lors de cette séance, j’exhortais le président à tenir un discours de vérité à la population de Saint-Martin sur le budget de la Collectivité : n’étant pas l’auteur du budget de la COM – puisque celui-ci est l’œuvre du Préfet – M. Richardson pouvait-il reconnaître que Saint-Martin était placée sous tutelle de l’Etat ?

Les mesures de plombage fiscal qui constituent l’ordre du jour de cette nouvelle séance du Conseil territorial apportent, s’il le fallait encore, la réponse à mes questionnements. On voudra jouer sur les mots, on m’accusera de prendre de dangereux raccourcis mais la réalité est limpide : Oui, Saint-Martin est aujourd’hui bel et bien « sous tutelle » de l’Etat. Un Etat qui peut se réjouir : il ne trouvera aucun obstacle pour venir semer d’embûches le chemin qu’il entend faire emprunter, de force, à Saint-Martin. Parce qu’il a trouvé, en la personne du président de la Collectivité, l’exécutant modèle, discipliné, de son bon vouloir.

En plus d’être sous perfusion pour les années à venir, notre économie doit la mériter sa piqûre ! Mais pas de souci, encore une fois, notre bon soldat Richardson – celui-là même qui honnissait, sur les bancs de l’opposition, le peu de courage de la majorité précédente à engager « un bras de fer permanent » avec l’Etat – veille au grain.

« On » lui dit que pour toucher un gros chèque, il faut d’abord s’engager à augmenter drastiquement d’année en année, les recettes de la Collectivité ? Aucun problème ! La méthode, celle d’une gestion à la petite-semaine, est bien rôdée : on décide seul, sans aucune concertation avec les élus, les socioprofessionnels, les associations professionnelles, le CESC, la population, d’augmenter un peu ici, beaucoup là.

Voilà que ça grogne du côté de l’aéroport ? On ne « plie pas sous la pression » mais vite, une baisse de 4 euros sur la taxe initialement prévue !

Ne pas augmenter la TGCA était une promesse de campagne ? La « faim » justifie les moyens, vite, on double le taux ! « Oui, mais on ne touche pas au pouvoir d’achat des revenus les plus modestes, en épargnant la nourriture et le commerce », m’objecte-t-on. Tant mieux : il leur restera un peu d’argent pour payer des factures EDF revues à la hausse grâce à l’augmentation de 6 à 23 centimes de la taxe sur le carburant industriel !

Une idée pour élargir l’assiette fiscale ? Facile ! Prenons à ceux qui n’ont déjà rien parce que s’ils veulent l’obtenir, leur « pas grand-chose » vital, il le leur faudra bien, leur avis de non-imposition. 100 euros de timbre, c’est un quart de RSA, Monsieur l’expert-comptable ni très à gauche, ni très à droite, mais bien partisan d’une politique…à côté !

Quant aux autres, ceux qui payent depuis toujours parce qu’ils sont enregistrés, bien en règle, bien identifiables et bien solvables, et bien pompons-les un peu plus !

Une politique et des mesures qui favoriseraient l’investissement ? Laissons cela à Saint-Barth et à Sint Maarten, ils ont un wagon d’avance de toute façon !

Mais surtout, surtout, acceptons sans broncher que les « efforts » ne soient consentis que par la seule Collectivité. Ne demandons aucun compte aux services fiscaux de l’Etat, dont la mission – payée rubis sur l’ongle par le contribuable saint-martinois – est pourtant de travailler à l’élargissement de notre assiette (soucoupe ?) fiscale et à l’amélioration de notre taux de recouvrement. Non, continuons à ne rien exiger, des fois qu’on ne voudrait pas nous signer notre chèque !

Mon ironie en choquera certains : c’est à dessein. Elle est moins violente que ce qui va se voter demain – sans la complicité du groupe Union pour la Démocratie qui se prononcera contre ces mesures – au Conseil territorial.

C’est l’avenir de l’île que M. Richardson hypothèque. L’avenir d’un Saint-Martin, qui n’a décidément pas plus d’idées que de pétrole.

Daniel GIBBS

Président de l’Union pour la Démocratie

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Par Sxminfo Antilles 5 Déc 2012 18:27