Les législatives à Saint-Barthélemy et Saint-Martin … vues de Paris

Rédaction
Par Rédaction 21 Mai 2012 11:13

Les législatives à Saint-Barthélemy et Saint-Martin … vues de Paris

L’année 2012 verra, pour la première fois, se dérouler une élection législative un peu particulière : celle visant à désigner le député représentant la partie française de l’île de Saint Martin et l’île de Saint Barthélemy, toutes deux détachées de la Guadeloupe, où elles ont, longtemps, été rattachées à la quatrième circonscription de ce département d’Outre Mer.

La population réunie de Saint Martin et Saint Barth’ dépasse à peine, officiellement, les 40 000 habitants (environ 35 700 pour Saint Martin, 8 400 pour Saint Barth’).

Le député sortant de ces deux territoires, devenues collectivités d’Outre Mer régies par les dispositions de l’article 74 de la Constitution ( qui leur donne entre autres l’extraterritorialité fiscale ) est Victorin Lurel (Maintenant Ministre des OUTREMERS).

Lors des élections de 2007, Saint Barthélemy avait massivement voté pour Nicolas Sarkozy, lui apportant un score de 77,7 % avec une participation de près de 71 %.
Saint Martin, pour sa part, avait moins voté ( plus de 50 % d’abstentions ) mais donné, lui aussi, la majorité à Nicolas Sarkozy avec 54,6 %.

Aux législatives, Victorin Lurel l’avait emporté au second tour avec un peu plus de 52 % sur la circonscription, après un 48,8 % au premier.

A Saint Barthélemy, Victorin Lurel avait obtenu la majorité absolue au premier comme au second tour en réalisant 936 voix au soir du ballottage, avec une participation de moins de 33 %.

A Saint Martin, il avait obtenu plus de 60 % des suffrages au second tour, soit 2 441 voix, mais la participation avait stagné à 27 % environ.

C’est à dire que les deux îles du Nord avaient contribué au succès global du Président de région.

L’écart créé dans les deux territoires (1 008 suffrages) est à rapprocher de la différence sur l’ensemble du siège (1 551 suffrages).

Pour autant, lorsque les deux collectivités territoriales ont élu leur conseil, c’est du côté de l’UMP qu’elles se sont orientées, votant dans le cas de Saint Martin pour Louis Constant Fleming et ses alliés ( parfois ses parents ), et, dans celui de Saint Barth’, pour Bruno Magras et ses alliés (Michel Magras est le sénateur représentant l’île au Luxembourg ).

Sur un plan plus sociologique et historique, les deux îles ont connu des destinées diverses.

Dans le cas de Saint Barth’, nous sommes en présence d’une bizarrerie historique, qui a fait de cette île des Antilles, pendant longtemps, une possession suédoise (!) donnant d’ailleurs à sa principale agglomération un nom tiré de la culture suédoise, puisqu’il s’agit de Gustavia…

Autre aspect : l’île n’ayant que peu de possibilités d’être urbanisée et peuplée ( il n’y a pas d’eau courante en source sur place ) n’a finalement été habitée que par des résidents plutôt fortunés, et, pour tout dire, Blancs…

Dans le cas de Saint Martin, on est dans un autre cas de figure.

L’ile a été partagée entre la France et les Pays Bas (Sint Maarten faisant partie des Antilles Néerlandaises au même titre qu’Aruba ou Curaçao ) et, de par sa position géographique, est devenue un lieu d’émigration, d’autant plus attirant que le développement économique de l’île a été fondé sur l’expansion des infrastructures touristiques.

La population de Saint Martin n’a cessé de croître et a dépassé officiellement les 35 000 habitants, aujourd’hui, même si, selon certaines sources locales consultées, la population serait plutôt comprise entre 40 et 50 000 habitants, notamment de par la présence d’une population immigrée venue notamment d’Haïti, attirée par le mirage touristique saint martinois.

Les problèmes de délinquance, de jeunesse en déshérence et en danger, d’insécurité des conditions de vie sont d’une importance toute particulière à Saint Martin où une bonne partie de la vie économique locale est directement contrôlée par la famille du sénateur Fleming.

Celui ci, qui a du, pour des raisons de conflit d’intérêt, quitter ses fonctions de président du conseil territorial ( il était juge et partie dans une affaire concernant la Société d’économie mixte du territoire puisqu’il se trouve qu’il était le propriétaire du terrain acheté par la SEM qu’il présidait dans le même temps ) a toutefois placé directement ses alliés aux commandes du territoire.

Le président Gumbs, de fait, est l’homme lige de Louis Constant Fleming.
On ne sait pas encore qui sera candidat dans cette circonscription, aussi nettement taillée sur mesure pour l’UMP qu’une partie des circonscriptions représentant les Français de l’Etranger, mais il est évident qu’il sortira du sérail Fleming – Magras.

La manière dont la vie politique de Saint Barth’ est régie est du même profil que sur Saint Martin, avec la domination de la famille Magras, qui occupe des fonctions dirigeantes sur l’île depuis de longues années et qui les cumule avec la propriété foncière.

Certains pensent d’ailleurs que, pour financer la campagne électorale, avant peu se produira la cession d’un bien foncier quelconque appartenant à la famille Fleming…

A noter, et pas uniquement pour l’anecdote, que le régime de l’article 74 a offert la possibilité aux deux conseils territoriaux de procéder à l’adaptation de quelques éléments du droit français, au sens métropolitain.

Ainsi, le code général des impôts a été «  adapté «  à la situation spécifique de Saint Barth’ et de Saint Martin, l’une de ces adaptations ayant été de supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune…

Et d’adapter l’impôt sur le revenu à la réalité locale, c’est à dire avec un taux sensiblement plus faible qu’en France métropolitaine.

La situation d’extra territorialité des deux îles a conduit d’ailleurs la France à signer une convention fiscale (!) avec Saint Martin et Saint Barth’, comme nous l’aurions fait avec n’importe quel paradis fiscal…

Texte issu de POLITIQUEMANIA – Auteur “Vudeloin”
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Par Rédaction 21 Mai 2012 11:13