PRÉSIDENTIELLES 2012: Duel Hollande-Sarkozy le 6 mai

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE 22 Avr 2012 15:49

PRÉSIDENTIELLES 2012: Duel Hollande-Sarkozy le 6 mai

François Hollande arrive en tête devant Nicolas Sarkozy au premier tour. Crédits photo : THOMAS SAMSON/AFP

 François Hollande, arrivé en tête dimanche devant Nicolas Sarkozy, aborde le second tour en position favorable, avec les soutiens de Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, mais la percée de Marine Le Pen à un niveau inédit pour le FN, près de 20%, pourrait compliquer la situation.

Bien qu’inférieur à 2007, le niveau de participation est élevé, témoignant d’une forte mobilisation dans les urnes.

Pour sa première candidature, M. Hollande arrive en tête avec un score compris entre 28,4 et 29,3%, selon les estimations des instituts de sondages à 20H00. Il obtient environ trois points de plus que Ségolène Royal au premier tour de 2007 (25,87%) et a déjà enregistré les soutiens de Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) et Eva Joly (EELV).

“Rien n’est gagné” mais “le score exceptionnel de François Hollande porte les espoirs du changement”, a affirmé le directeur de la communication du candidat PS Manuel Valls, parlant -comme la numéro un du parti Martine Aubry- de “désaveu” pour Nicolas Sarkozy.

C’est en outre la première fois sous la Ve République qu’un président sortant n’est pas devant au soir du premier tour.

Dans une brève allocution, son Premier ministre François Fillon a exhorté les Français à voter pour M. Sarkozy au nom de “l’idéal républicain” et de “l’avenir de la France”. “Rien n’est joué”, a assuré le numéro deux du gouvernement, Alain Juppé.

Derrière le président sortant, Marine Le Pen, candidate du FN, a réussi le pari d’améliorer le score de Jean-Marie Le Pen en 2002 (16,86%) en obtenant de 18,2 à 20%. Elle gagnerait huit à dix points par rapport à son père il y a cinq ans (10,4%).

“La bataille de France ne fait que commencer”, “rien ne sera plus comme avant”, a déclaré Mme Le Pen devant ses militants réunis dans une ambiance de victoire à Paris.

Alors que le parti d’extrême droite est en position d’arbitre pour le second tour, le vice-président Louis Aliot a qualifié le second tour de “non-choix”. “Sarkozy a perdu”, a estimé Jean-Marie Le Pen.

Pour la finale du 6 mai, l’équation s’annonce d’autant plus compliquée pour Nicolas Sarkozy qu’il devra tabler sur de très bons reports des électeurs du FN mais aussi de ceux du candidat centriste François Bayrou.

A moins de 10% (il est donné entre 8,5 et 9,1%), M. Bayrou est très loin de sa performance de troisième homme en 2007 (18,57%). “C’est un résultat décevant”, a reconnu la numéro deux du MoDem Marielle de Sarnez. M. Bayrou a indiqué qu’il “écouterait dans les jours qui viennent” les “réponses” des deux finalistes, avant de se prononcer.

A gauche, François Hollande a déjà engrangé les soutiens: révélation de la campagne 2012, Jean-Luc Mélenchon obtiendrait entre 10,8 et 11,7%, bien en-deçà des 15-17% que lui promettaient de récents sondages. Affirmant malgré tout détenir “la clé du résultat final”, il a appelé ses partisans à se “retrouver le 6 mai, sans rien demander en échange, pour battre Sarkozy”.

“J’appelle tous ceux qui ont voté pour moi à tout faire pour que notre pays sorte du sarkozysme, en se rassemblant derrière François Hollande”, a clamé Mme Joly, créditée de 2% à 2,2%.

Relevant le score élevé de Marine Le Pen, Ségolène Royal (PS) a de son côté ajouté qu’il fallait “s’adresser” aux électeurs du FN, “les comprendre”.

Le scrutin, qui consacre un affrontement droite-gauche classique, a connu, avec environ 80%, une participation parmi les plus élevées pour un premier tour. Hormis 2007 (83,77% de participation), il faut remonter à 1988 pour trouver un chiffre supérieur à 80%. Le taux d’abstention serait de moins de 20%, contre 16,2% au premier tour de 2007, 28,4% en 2002 et 21,6% en 1995.

Le candidat socialiste, qui a voté et attendu les résultats dans son fief de Tulle (Corrèze), obtient notamment de bons scores dans les départements et territoires d’outre-mer, augmentant les résultats de Mme Royal.

A 57 ans, il reste le favori de l’élection présidentielle, 24 ans après la dernière victoire d’un socialiste dans la course à l’Elysée. Il devait s’exprimer en début de soirée depuis Tulle, avant de gagner la capitale.

D’après les instituts de sondages, aucun des “petits” candidats n’atteint les 5% : outre Eva Joly, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) est donné à 1,7%-1,9%, Philippe Poutou (NPA) 1,2-1,3%, et Nathalie Arthaud 0,5-0,7%. Jacques Cheminade recueillerait 0,2-0,3% des voix.

AFP

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE 22 Avr 2012 15:49