Fin de la navette: employés de la Nasa, fans de l’espace ont la gorge serrée

F.L
Par F.L 21 Juil 2011 12:52

Fin de la navette: employés de la Nasa, fans de l’espace ont la gorge serrée

La navette Atlantis, de retour sur Terre. ©Pierre Ducharme/AFP

CAP CANAVERAL, 21 juillet 2011 (AFP) – Employés de longue date, responsables de mission et amoureux de l’espace avaient tous la gorge serrée jeudi, exprimant tristesse et fierté quelques heures après l’atterrissage d’Atlantis qui a mis fin aux 30 années de carrière des navettes spatiales.

“J’ai vu des hommes et des femmes mûrs pleurer aujourd’hui…”, a dit devant la presse Mike Leinbach, directeur de lancement de la navette depuis de nombreuses années, lui-même très ému.

“C’était de l’émotion humaine qui s’exprimait sur la piste et on ne peut pas réprimer cela”, a-t-il ajouté. “C’est sûr que c’est triste quand c’est fini mais ce n’est pas la fin du monde, demain le soleil se lèvera de nouveau”, a ajouté ce vétéran de la Nasa.

“Je ne peux pas trouver les mots pour ce que je ressens”, a simplement déclaré Mike Moses, responsable de la préparation du lancement de l’orbiteur tout en se déclarant “très fier d’avoir fait partie de l’aventure”.

Il s’est aussi déclaré impressionné par l’hommage rendu à la navette mercredi à New York, où l’Empire State Building était éclairé en bleu, rouge et blanc.

“Aujourd’hui je réalise pour la première fois que la fin du programme m’affecte vraiment”, a confié pour sa part à l’AFP George Diller, un des commentateurs officiels de la télévision de la Nasa depuis les années 80, qui a commenté le dernier retour d’Atlantis. “J’ai essayé de me persuader de ne pas être ému mais aujourd’hui j’ai été vraiment submergé”.

“On ne peut pas passer la plus grande partie de sa vie sur un programme –et avec les amis qui y sont liés– et le voir disparaître sans que cela vous affecte”, a-t-il insisté, précisant avoir été là dès le premier lancement de la navette Columbia le 12 avril 1980.

“J’ai des sentiments très mitigés”, a admis Laurel Licthenberger, directrice du centre de presse au Kennedy Space Center et employée de la Nasa depuis 35 ans, pour qui le fait de voir “tant de nos amis perdre leur emploi, c’est toujours difficile”.

Ce sont 8.000 emplois directs qui disparaissent au Centre spatial avec la fin de la navette. Un grand nombre de salariés ont déjà été licenciés et la plupart des autres arrêteront de travailler vendredi.

Les autorités locales ont estimé que cela entraînerait la perte de 20.000 postes de travail indirects dans la région.

Bob Cabana, le directeur du Centre Spatial Kennedy, a remercié tous les salariés ayant travaillé sur la navette et a regretté de les voir partir.

“Nous n’avons pas les moyens de continuer à faire voler la navette spatiale tout en payant pour le développement d’un nouveau système spatial” , a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse.

“Je suis très triste car la navette est un vaisseau unique capable de multiples tâches (…) et sans lequel la Station spatiale internationale n’existerait pas”, a confié à l’AFP Gerhard Daum, de l’Agence spatiale allemande.

“C’est très déprimant car cela représente la moitié de ma vie”, note-t-il également, précisant être venu d’Allemagne depuis 22 ans pour suivre 55 missions de l’orbiteur.

Cet amoureux de l’espace, proche de plusieurs astronautes du programme Apollo, relève qu’une grande partie du corps des astronautes européens –Allemands, Français et Italiens notamment– a volé dans l’espace, pour certains plusieurs fois, grâce à la navette.

Maintenant “l’avenir est assez difficile à prévoir (…) car nous n’avons rien de concret, seulement beaucoup d’idées, de concepts, de plans mais personne ne sait quand et quel vaisseau spatial transportera le prochain astronaute américain dans l’espace”, déplore Gerhard Daum.

Après la fin du programme Apollo en 1972, “nous savions que la navette était en développement”, rappelle-t-il.

Source AFP

F.L
Par F.L 21 Juil 2011 12:52