AFGHANISTAN: SIX soldats français ont été tués ce mercredi et quatre autres grièvement blessés

Rédaction
Par Rédaction 14 Juil 2011 05:19

AFGHANISTAN: SIX soldats français ont été tués ce mercredi et quatre autres grièvement blessés

On ignore encore dans quelles circonstances est survenue la nouvelle mort d’un soldat français en Afghanistan. L’Elysée a simplement indiqué dans son communiqué qu’elle avait eu lieu jeudi matin, en évoquant un “accrochage“, alors qu’il participait avec des policiers afghans à une opération de contrôle dans la vallée d’Alasay, en Kapisa. Cette attaque, au lendemain d’un attentat-suicide contre l’armée française qui a fait six morts, dont cinq soldats français et un civil afghan, porte à 18 le nombre de soldats français tués en Afghanistan depuis le début de l’année, et à 70 depuis fin 2001.

Ce dernier soldat est le second maître Benjamin Bourdet, 30 ans, des commandos Marine, a indiqué le service de communication des armées. Engagé en 2003 dans la Marine, il avait rejoint en 2007 la compagnie de fusiliers marins de l’Ile Longue, en rade de Brest, et avait participé en 2009 au premier déploiement d’équipes de protection pour lutter contre la piraterie dans l’océan indien. Il était déployé pour la première fois en Afghanistan.

Cet attentat suicide survient deux jours après l’annonce par Nicolas Sarkozy, lors d’une visite-surprise en Afghanistan, du retrait d’un quart des soldats français actuellement présents dans ce pays – soit un millier d’hommes – d’ici la fin 2012. Il avait indiqué que les effectifs restants seraient concentrés en Kapisa en attendant le départ de toutes les unités combattantes françaises d’Afghanistan d’ici fin 2014. Il avait cependant précisé que ce retrait progressif, calqué sur celui des forces américaines, était “lié à l’évolution de la situation sur le terrain” et ferait l’objet d’une concertation avec les autorités afghanes et les alliés de la France. “Il faut savoir finir une guerre“, avait-il fait valoir.

Nouvel attentat suicide, l’Isaf accusée de bavure

Signe, également, de l’instabilité persistante dans ce pays, toujours au cours de la matinée de jeudi, un attentat suicide contre une cérémonie à la mémoire du frère assassiné du président afghan, à laquelle assistaient plusieurs ministres, a fait trois morts et 15 blessés à Kandahar, dans le sud afghan. Selon un député présent sur les lieux, assistaient notamment à la cérémonie les ministres de la Défense Abdul Rahim Wardak, de la Justice Habibullah Ghaleb et des Travaux publics, Abdul Qudus Hamidi, ainsi que plusieurs vice-ministres et une quinzaine de parlementaires.

Signe, aussi, des difficultés que rencontrent les soldats de l’Isaf sur le terrain afghan, les forces internationales se sont retrouvées le même jour accusées d’une bavure dans la province orientale de Khost. Alors que l’Isaf a affirmé dans un communiqué avoir tué six insurgés lors d’une opération dans cette zone, parmi lesquels une femme qui avait ouvert le  feu sur eux, les autorités provinciales ont fourni une version toute différente : “Un professeur, un étudiant et une fillette de onze ans ont été tués dans l’opération, ainsi que trois personnes ordinaires. Il s’agissait de civils innocents“, a affirmé le porte-parole de la province de Khost. “La coalition a reçu de mauvaises informations“.

Ils sont morts dans un attentat suicide dans la province de Kapisa. Quatre autres soldats français sont grièvement blessés…

Cinq soldats français ont été tués ce mercredi et quatre autres grièvement blessés dans un attentat à la bombe dans la province de Kapisa (est de l’Afghanistan), où sont notamment stationnés des militaires français. Ces morts portent à 69 le nombre de soldats français tués en Afghanistan depuis fin 2001. Les talibans ont aussitôt revendiqué l’attentat via un SMS envoyé à l’AFP.

Le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l’état major des Armées, a précisé ce mercredi après-midi les conditions de cet attentat. Un «suicide-bomber» s’est fait exploser ce mercredi vers 11h locales dans un poste de police afghane où se trouvaient des soldats français. Ces derniers participaient à une opération de sécurisation d’une assemblée de notables («shoura») à Joybar, dans la vallée de Tagab.

Un attentat coordonné avec une attaque insurgée

Cette explosion a tué cinq soldats français – un officier, un lieutenant et trois sous-officiers – ainsi que leur interprète afghan et trois autres civils dont une adolescente, a ajouté le colonel Burkhard. Cet attentat était «coordonné avec une attaque insurgée», a-t-il précisé, qui visait les quatre soldats grièvement blessés lors de la première attaque. Des tireurs embusqués «en lisière» ont tiré avec des armes légères et des lance-roquettes.

Cette seconde attaque n’aurait cependant pas alourdi le bilan, selon les informations dont disposait dans l’immédiat le porte-parole de l’Etat major des Armées, et certains des insurgés ont été «neutralisés». Cet «acte de terrorisme plus véritablement que de guerilla» est, selon le colonel Burkhard, «le résultat de la pression mise par l’armée française en vallée de Tagab et dans le secteur de Surobi».

«Un effet médiatique» au lendemain de la visite de Sarkozy

Il a ajouté que ce mode opératoire, l’attentat suicide, était «relativement rare» dans la zone française, le dernier remontant au 30 mars dernier, où un véhicule chargé d’explosifs avait fait plusieurs blessés parmi les soldats français. «N’arrivant plus à prendre l’initiative sur les attaques directes, les insurgés se rabattent de plus en plus sur des types d’actions asymétriques, voire très asymétriques comme l’utilisation d’engins explosifs improvisés le long des routes mais également, on le voit ici, de “suicide bomber”», a-t-il dit.

Le porte-parole a de plus estimé qu’ «il y a probablement un effet médiatique» recherché par cette attaque, qui intervient au lendemain de la visite éclair de Nicolas Sarkozy dans la région, et de son annonce du retrait d’un millier de soldats français d’Afghanistan d’ici fin 2012, soit le quart des effectifs militaires déployés par la France dans ce pays. Il a indiqué que les effectifs restant seraient concentrés en Kapisa en attendant le départ de toutes les unités combattantes françaises d’Afghanistan d’ici fin 2014.

Dans un communiqué, «le chef de l’Etat exprime la détermination de la France à continuer d’oeuvrer au sein de la Force internationale d’assistance et de sécurité pour rétablir paix et stabilité dans ce pays.» Ce mercredi après-midi, à l’Assemblée nationale, une minute de silence a été observée après un bref discours du Premier ministre François Fillon en hommage aux soldats tués. Les pertes de ce mercredi sont parmi les plus graves que les troupes françaises ait subi en une fois en Afghanistan.

 avec Reuters
Rédaction
Par Rédaction 14 Juil 2011 05:19