Portugal: Pour des législatives ‘décisives’, les portugais votent sans entrain!

Rédaction
Par Rédaction 5 Juin 2011 09:35

Portugal: Pour des législatives ‘décisives’, les portugais votent sans entrain!

Les Portugais votaient ce  dimanche sans entrain lors de législatives pourtant jugées “décisives” pour l’avenir du pays qui s’est engagé à respecter un difficile plan d’aide international, censé mettre fin à une profonde crise financière, économique et sociale.

Le président de la Commission européenne et ancien Premier ministre portugais José Manuel Barroso a appelé les électeurs à voter “massivement”, estimant que ces législatives anticipées étaient “les élections plus importantes” depuis celles d’avril 1975 qui ont consacré le retour de la démocratie.

“Il est normal que les hommes politiques disent que chaque élection est décisive. Mais cette fois, c’est vrai”, a déclaré M. Barroso, ancien président du Parti social-démocrate (PSD, centre-droit), favori du scrutin.

Samedi soir, le président Anibal Cavaco Silva, également membre du PSD, avait lui aussi souligné le caractère “décisif” de ce scrutin qui intervient “à un moment crucial” pour le Portugal, troisième pays de la zone euro victime de la crise de la dette, après la Grèce et l’Irlande l’an dernier.

Pourtant, dimanche, à midi (11H00 GMT), seuls 20,01% des électeurs avaient voté, soit moins que lors des législatives de 2009 (21,29%), marquées par un taux d’abstention record de plus de 40%.

Selon les derniers sondages, le PSD pourrait l’emporter d’une courte tête alors que son président Pedros Passos Coelho a promis d’aller “au-delà” des exigences de l’UE et du FMI en matière de privatisations et de réformes.

Plus de 9,6 millions d’électeurs doivent renouveler les 230 députés du Parlement, dissous fin mars après la démission du Premier ministre José Socrates, désavoué par le rejet d’un quatrième plan d’austérité en moins d’un an.

Deux semaines plus tard, M. Socrates avait été contraint d’en appeler à l’aide internationale, le Portugal ne parvenant plus à se financer sur les marchés, comme la Grèce et l’Irlande l’an dernier.

Lourdement endetté (160 milliards d’euros fin 2010), le Portugal a fini l’année 2010 en récession avec un déficit public à 9,1% du PIB et un chômage à plus de 11%.

Accusé par ses adversaires d’avoir mené le pays à la “banqueroute”, M. Socrates, 53 ans, au pouvoir depuis mars 2005, a rappelé pendant la campagne qu’il avait “lutté de toutes ses forces” contre le recours à une aide extérieure qui, selon lui, aurait pu être évitée si l’opposition, et en particulier le PSD, n’avait pas rejeté son plan d’austérité.

“Ils ont déclenché cette crise politique pour faire venir le FMI et appliquer plus facilement un programme ultralibéral”, a-t-il répété à longueur de discours, accusant son principal rival de vouloir “détruire l’Etat social”.

Contrairement à la Grèce et l’Irlande, au Portugal, tous les partis, à l’exception de la gauche antilibérale, se sont engagés à respecter strictement les conditions du prêt de 78 milliards d’euros négocié par le gouvernement démissionnaire en échange d’un programme de rigueur et de réformes sur trois ans.

“Nous savons que nous allons vivre une période très difficile. Les deux, trois prochaines années vont être dures”, a réaffirmé dimanche M. Passos Coelho, 46 ans, après avoir voté à Amadora, une banlieue populaire de Lisbonne.

“Je suis sûr que le Portugal retrouvera la prospérité”, a-t-il néanmoins ajouté, disant attendre “un grand résultat” du scrutin.

A moins d’une majorité absolue, le PSD devra négocier un accord de coalition avec le CDS-PP, parti de droite avec lequel il a déjà gouverné à plusieurs reprises dans le passé, notamment quand M. Barroso était Premier ministre.

Les bureaux de vote sont ouverts jusqu’à 19H00 (18H00 GMT). Les premières estimations seront connues une heure plus tard en raison d’un décalage horaire sur l’archipel des Açores.

Rédaction
Par Rédaction 5 Juin 2011 09:35