“La presse au pied du net”: les quotidiens sont-ils condamnés à disparaître?

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE mai 6, 2011 16:46

“La presse au pied du net”: les quotidiens sont-ils condamnés à disparaître?

Un kiosque

Avec une information gratuite, abondante, réactive et multimédia, le web plonge chaque jour un peu plus les quotidiens dans la crise. Au point, comme le narre le documentaire “La presse au pied du net” (Canal+, diffusé le 06 Mai à 15h23), que la question de leur survie n’a jamais été aussi d’actualité.

“Les quotidiens du monde entier ont engagé une lutte pour leur survie et le pire est à venir”, prévient en préambule David André, l’auteur du documentaire, qui a enquêté à New York, Washington, Paris et Reykjavik.

Au Etats-Unis, 170 journaux ont disparu au cours des dix dernières années, tandis que d’autres n’existent plus qu’en version numérique. Et selon une étude, “l’inexorable extinction” de la presse papier mondiale y démarrera dès 2017.

En France, où les journaux souffrent de surcroît des coûts très élevés de fabrication et de distribution, Le Monde, “le” quotidien de référence, a dû se séparer de près de 130 journalistes au cours des dernières années. Cela ne l’a cependant pas empêché de frôler le dépôt de bilan en 2010.

“Si les quotidiens disparaissent et, avec eux, le reportage et le journalisme d’investigation, qui nous informera sur le monde?”, s’interroge le documentaire avant de se pencher sur les solutions, exclusivement numériques, que tentent d’apporter les journaux afin d’enrayer leur déclin.

Pour le banquier Matthieu Pigasse, qui a pris le contrôle du groupe Le Monde aux cotés de Xavier Niel et Pierre Bergé l’an passé, les quotidiens ont commis un péché originel en mettant en ligne gratuitement des contenus qui étaient par ailleurs payants sur le papier. La publicité n’est en effet jamais parvenue à compenser le manque à gagner tandis que les lecteurs, eux, ont pris de plus en plus l’habitude de ne pas payer.

Il faut s’appuyer sur des modèles payants avec du contenu très qualitatif plaide Edwy Plenel, créateur du site Mediapart. Janet Robinson, la patronne du New York Times, va également dans ce sens, son journal réfléchissant notamment à des contenus “plus intelligents” qui s’adapteraient à chaque lecteur.

Mais pendant que les grands patrons de presse comptent beaucoup sur l’iPad et autres tablettes numériques afin de rendre les journaux payants bien plus attractifs et dynamiques, les journalistes doivent aussi apprendre à travailler autrement.

“La travail de rapprochement des cultures (entre la rédaction web et la rédaction du quotidien) est encore très long”, témoigne Alexis Delcombre, rédacteur en chef du Monde.fr.

Autre piste évoquée, celle de se faire financer par des mécènes, à l’image de ProPublica. Cette rédaction américaine, indépendante, est financée par une fondation à but non lucratif. Une enquête d’un an réalisée à la suite du cyclone Katrina à La Nouvelle-Orléans lui a déjà valu un prix Pulitzer.

Enfin, en revenant sur l’aventure de WikiLeaks, le documentaire montre également à quel point le web a changé les choses: les journalistes ne sont désormais plus les seuls sur le terrain de l’info.

Source AFP – Grégoire LEMARCHAND

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Par F. LETUVEE mai 6, 2011 16:46

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