Christophe Hénocq chargé de missions Archéologie et Scientifique au sein de la Collectivité a réalisé des prospections archéologiques sur le littoral après Irma

Collectivité d'Outremer de Saint-Martin
Par Collectivité d'Outremer de Saint-Martin mars 11, 2019 23:51

Christophe Hénocq chargé de missions Archéologie et Scientifique au sein de la Collectivité a réalisé des prospections archéologiques sur le littoral après Irma


L’ouragan Irma a fortement impacté les îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Les rafales de vent mesurées à 295 km/h et la marée cyclonique ont généré une houle dévastatrice ayant provoqué la submersion de nombreux secteurs côtiers de l’île, engendrant une forte érosion.

Dotée de cette compétence en interne, la Collectivité de Saint-Martin a pu réaliser, en 2017 et 2018, un état des lieux et un diagnostic de l’impact du passage de l’ouragan sur le patrimoine archéologique de Saint-Martin.

L’inventaire des sites archéologiques de Saint-Martin, réalisé en 1999*, a indiqué la présence de nombreux sites établis en bordure du littoral. Dès le 21 septembre 2017, soit quelques jours après Irma, un premier contact est pris par Christophe Hénocq, chargé de missions Archéologie et Scientifique au sein de la Collectivité, avec le Service Régional de l’Archéologie (SRA) dans le but de mettre en place une prospection sur toute la bordure côtière. Autorisée par l’arrêté SRA-2017-094 et SRA-2108-077 de la préfecture de Guadeloupe, la prospection « Post-IRMA Saint-Martin 2017 » a porté sur la totalité du littoral du territoire de la collectivité.

La prospection s’est déroulée en suivant le talus d’érosion généré par la houle le long du littoral de la partie française. 70 km de côte ont été parcourus de la Baie Lucas, à l’Est, jusqu’à Baie Longue, à l’Ouest. 36 sites ou indices de sites ont été observés, parmi lesquels 18 gisements archéologiques inédits.

Les facteurs ayant entrainé la destruction partielle des sites ne se limitent pas à l’action de la houle. Les travaux publics de déblaiement réalisés dans l’urgence, le stockage temporaire des déchets, l’ouverture de cordons dunaires permettant d’évacuer l’eau stockée dans les étangs, les travaux privés de sécurisation des résidences construites en bord de mer, ont également affecté certains sites archéologiques.

Parmi les sites connus impactés, 7 correspondent à des occupations Méso-Indiennes, 8 à des occupations Néo-Indiennes et 4 à des vestiges d’époque coloniale. Parmi les nouveaux sites observés lors de cette prospection, 3 correspondent à des occupations Méso-Indiennes, 7 au Néo-Indien et 8 à des vestiges d’époque coloniale.

Débutée le 24 octobre 2017, la prospection est toujours en cours, notamment sur les ilets. Un premier rapport a été remis au Président et au Directeur Général des services de la Collectivité le 21 septembre 2018, avec copie au SRA. Le 12 février dernier, le président Gibbs et le DGS par intérim Romain Perreau ont reçu Christophe Henocq pour faire un point sur les enjeux de cette prospection. Une synthèse des données observées sur le terrain devrait permettre de mettre en place des mesures conservatoires en collaboration avec le Service Régional de l’Archéologie, afin d’éviter la perte irrémédiable des sites archéologiques littoraux de la Collectivité de Saint-Martin.

Le Président Gibbs a salué ce travail scientifique réalisé par la collectivité ; ces données seront prises en compte dans les développements futurs.

Chronologie simplifiée de l’île de Saint-Martin

Période Précolombienne

3000 av. J.-C. – 100 ap. J.-C., Méso-indien

400 av. J.-C. – 960 ap. J.-C., Néo-Indien ancien

660 ap. J.-C. – 1600 ap. J.-C., Néo-Indien récent

Période Coloniale

1493 – 1627, Période précoloniale, 2e voyage de C. Colomb, puis Flibustiers

1627 – 1648, Premiers colons franco-hollandais

1648 – 1764, Démarrage des cultures d’indigo et de coton

1764 – 1848, Agriculture et industrie sucrière

1848 – 1930, Emancipation et déclin de la production agricole

1930 – 1960, Fin de l’exploitation des salines

Période Contemporaine

1960 – 1985, Démarrage de l’économie touristique

1985 – 2018, Abandon de l’agriculture au profit du tourisme, forte urbanisation.

*En 1999, l’inventaire des sites archéologiques de la partie française de l’île de Saint-Martin a été réalisé par P. Stouvenot et C. Hénocq. Cf Rapport archivé au service régional de l’Archéologie de Guadeloupe (SRA), Basse-Terre, Guadeloupe.

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