AFFAIRE TURQUIN : Meurtre de Jean-Louis TURQUIN à Saint-Martin, rencontre avec son épouse

StMartinWeek
Par StMartinWeek janvier 13, 2017 02:00 Mis à jour

AFFAIRE TURQUIN : Meurtre de Jean-Louis TURQUIN à Saint-Martin, rencontre avec son épouse

La femme de Jean-Louis Turquin tué par balle dans la nuit de Vendredi à Samedi dernier, a bien voulu nous recevoir à son domicile (en compagnie d’un journaliste du Parisien dépêché spécialement sur place), non pas pour nous donner sa version des faits, mais plutôt pour nous parler de son mari.

En état de choc et dans la totale incompréhension de ce qu’il s’est passé ou a pu se passer, elle revient tout de même brièvement sur les premières constatations qui ont suivi le crime.

Elle était sortie ce soir là avec quelques amies pour fêter son anniversaire dans un restaurant local de Cul-de-Sac. Jean-Louis Turquin n’avait pas souhaité l’accompagner car ils avaient déjà dîné ensemble la veille à Grand-Case, c’était selon ses dires un homme très casanier et solitaire avec qui elle vivait seule dans leur modeste maison de Mont-Vernon, les sorties en sa compagnie étaient plutôt rares et Nadine avait dû insister auprès d’amies pour qu’elles l’accompagnent ce soir là.

GISANT SUR LE SOL, UNE TRACE DE SANG SUR LA POITRINE

Partie vers 20h, c’est lorsqu’elle est revenue vers minuit qu’elle s’est aperçue que la maison était ouverte, toutes lumières allumées. En pénétrant dans sa chambre, elle découvre son mari gisant sur le sol, une trace de sang sur la poitrine, elle réalise alors la gravité de la situation et constate que la maison a été fouillée sommairement, en particulier la chambre où se trouve la victime. Dans une autre pièce, un vieux poste de radio a été éventré, visiblement à l’aide d’un couteau vraisemblablement abandonné sur le sol par les supposés cambrioleurs.

LE CAMBRIOLAGE LUI SEMBLE ÉVIDENT

Pour Nadine Turquin tout est clair : des malfaiteurs constatant qu’une des voitures du couple est partie, pensent que la maison est inoccupée, ils profitent de cette absence pour effectuer un cambriolage, mais lorsqu’il pénètrent à l’intérieur, ils se trouvent face à face avec Mr Turquin qu’ils contraignent à leur remettre les valeurs qu’il a en sa possession.
A cause de récentes douleurs au genou, Jean-Louis Turquin prenait depuis peu des médicaments destinés à le soulager et il est fort probable qu’il ait été dans un état de semi-endormissement et dans l’incapacité de se défendre lorsque ses agresseurs l’ont assassiné, toujours selon son épouse.
Plusieurs personnes interrogées dans le voisinage nous confirment avoir entendu du bruit peu avant 22h, une violente altercation semblerait avoir eu lieu au domicile de Mr Turquin mettant en cause 2 ou 3 individus. Nadine savait que son mari avait quelques bijoux, souvenir de son précédent mariage (notons que son ex-femme est décédée dans des conditions particulières), et certainement de l’argent liquide cachés quelque part mais sans connaître l’emplacement exact de la cachette ; en voyant le poste de radio ouvert, elle devine alors que ce devait être la cachette.

UN MARI PLUS QUE POSSESSIF

La femme de Mr Turquin nous explique qu’après vingt ans de vie commune, elle avait pris l’habitude de ne pas poser de questions à ce mari possessif, exclusif et secret mais également très porté sur l’argent et ne supportant pas l’improvisation dans sa vie professionnelle comme dans sa vie privée (même les nombreux voyages qu’ils ont faits ensemble étaient préparés avec minutie sans déroger au programme initial). Nadine se décrit comme quelqu’un de très maternel prenant soin de son mari avec dévouement allant jusqu’à lui beurrer ses tartines au petit-déjeuner et acceptant sans broncher les contraintes que lui imposait cet homme : pas de boîte mail pour elle, un téléphone fixe sans cesse transféré sur le portable de monsieur, un compte bancaire commun interdit d’accès, bref un contrôle marital total.

UNE RELATION NÉE EN PRISON

Nadine Turquin a connu son mari en 1997 alors que celui-ci faisait une grève de la faim suite à son incarcération pour le meurtre de son fils, le sentant en pleine détresse et répondant à son instinct protecteur, elle le rencontre au parloir de l’établissement pénitentiaire où il était détenu, ils entament alors une relation très forte qui aboutira à un mariage à la prison de Fresnes en 2000.
Après sa libération en 2006, le couple vient s’installer à Saint-Martin que Jean-Louis appréciait pour son côté un peu “far-west”, il ouvre alors un cabinet vétérinaire avec l’aide précieuse de sa femme sans ressentir la moindre réticence de la part des habitants dont certains ne pouvaient pas ignorer son passé.
Toutefois “l’affaire” qui avait exposé Jean-Louis Turquin dans les médias auparavant n’était pas un sujet de conversation qu’il abordait facilement, presque un tabou à tel point que Mme Turquin pensait que son mari était passé à autre chose ( sans pour autant oublier ce dossier qui comporte de nombreuses zones d’ombre). Selon elle il n’existerait aucune relation entre le crime de la semaine dernière et cette affaire beaucoup trop ancienne pour revenir sur le devant de la scène.

POURQUOI CETTE REPRISE DE CONTACT AVEC SON AVOCAT ?

Lors de notre entretien, un appel téléphonique de Maître Morice (ex avocat de JL Turquin) attise notre curiosité et Nadine Turquin nous révèle que son mari avait repris contact avec son avocat courant 2016 sans l’en informer et sans qu’elle comprenne pourquoi encore aujourd’hui. Décidément Jean-Louis Turquin cachait beaucoup de choses à son épouse, y compris quelques maîtresses dont Nadine Turquin a eu connaissance sans pour autant en tenir rigueur à son mari, dit-elle. Pas plus qu’elle ne lui reprocha les violences verbales qui ont été prononcées lors de querelles que connaissent tous les couples après tant d’année de vie commune.

JEAN-LOUIS TURQUIN, UN HOMME TRÈS DISCRET

Jean-Louis Turquin avait la réputation d’être un vétérinaire consciencieux qui pratiquaient des tarifs raisonnables, on ne lui connaissait pas d’ennemis à Saint-Martin mais pas d’amis non plus. D’ailleurs, il n’en voulait pas, ne faisant partie d’aucun groupe, ne pratiquant aucune activité extérieure. Son seul temps libre, il le passait sur son ordinateur occupé à des “tâches importantes” dont il n’a jamais voulu révéler le véritable objet à son épouse lorsqu’elle se montrait selon lui trop curieuse.

Après avoir materné son mari avec passion, Nadine Turquin le perd sans comprendre pour le moment ce qui est arrivé, tout en privilégiant la piste du cambriolage qui a mal tourné même si rien n’a disparu dans la maison à part les bijoux et l’argent supposés qu’elle n’avait jamais vu auparavant.
Elle avoue avoir ressenti des moments d’angoisse quelques fois ces derniers jours mais elle n’a pas peur et n’est soumise à aucune obligation de résidence, toutefois elle ne passe pas les nuits chez elle pour le moment.

Voici une bien étrange affaire au retentissement national et vis à vis de laquelle peu de conclusions peuvent être tirées pour le moment. Une information judiciaire a été ouverte pour homicide volontaire avec préméditation ou guet-apens par le pôle de l’instruction à Pointe à Pître. Xavier Bonhomme, procureur de la République a annoncé “Tout est possible, nous allons tout explorer. Un règlement de comptes, un cambriolage qui tourne mal ou encore les pistes liées à son lourd passé”. De son côté, Nadine s’est constituée partie civile…
En marge, c’est tout un quartier qui vit dans la psychose, en hyper-vigilance et toute une île qui pâtira encore de cette publicité contre productive…



Jean-Michel CAROLLO & Florent Letuvée

StMartinWeek
Par StMartinWeek janvier 13, 2017 02:00 Mis à jour
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2 Commentaires

  1. herve janvier 13, 07:55

    Il est certain que Saint-Martin est l’endroit idéal pour rechercher son fils à priori “réfugié” en Israël…

  2. léon janvier 13, 08:18

    la question qui ressort de ce portrait est : A t elle fait tuer son mari ?

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DIM