Six ans de présence du poisson-lion dans les eaux de Saint-Martin

Octavi de Lloà
Par Octavi de Lloà juillet 24, 2016 20:16

Six ans de présence du poisson-lion dans les eaux de Saint-Martin

Le 27 juillet 2010, lors d’une conférence de presse à la préfecture de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, le préfet Jacques Simonnet et Romain Renoux, alors directeur de la Réserve Naturelle, avaient officiellement indiqué la présence de la rascasse volante, ou poisson-lion, dans les eaux des îles du Nord. Six ans après, petit rappel historique et quid de la présence de ce prédateur dans nos eaux.

Spécimen de poisson-lion pêché par le personnel de la Réserve Naturelle de Saint-Martin.

Spécimen de poisson-lion pêché par le personnel de la Réserve Naturelle de Saint-Martin.

En 1992, lors d’un cyclone, six poissons-lions s’échappent d’un aquarium de Floride. De 1992 à 2007, l’invasion des rascasses volantes s’est répandue jusqu’en Caroline du Nord avant de s’implanter aux Bermudes, pour arriver ensuite aux Bahamas. Le poisson-lion a touché ensuite les côtes de Cuba et de Turks and Caicos.

Une propagation due principalement aux courants marins, mais aussi aux prédispositions reproductrices de l’espèce dont la maturité sexuelle est atteinte à 9 cm pour les mâles et 18 cm pour les femelles. Une femelle qui, tous les 4 jours, peut pondre 30 000 œufs qui vont ensuite être entraînés par les courants.

La prolifération du poisson-lion stagne

Le 20 juillet 2010, la présence d’un spécimen avait été constatée à Grand-Case et capturé deux jours plus tard par deux membres de la Réserve Naturelle, avait précisé Romain Renoux. Un autre poisson-lion avait été également pris par l’équipe du Marine Park, sur le site The Bridge, en partie hollandaise.

Le préfet Jacques Simonnet avait souligné qu’il était nécessaire d’identifier le phénomène et d’alerter les pêcheurs et les plongeurs pour récupérer des informations sur ces poissons, « nous avons pris des dispositions, mais il n’y a pas de quoi alarmer les populations ».

Chargé de mission scientifique pour la Réserve Naturelle de Saint-Martin, Julien Chalifour, assure qu’actuellement la prolifération de la rascasse volante stagne. Par ailleurs, la propagation de ce poisson est régulée sur les sites de plongée par les cinq plongeurs de la Réserve Naturelle.

Si la chasse en plongée avec des bouteilles est interdite, un arrêté préfectoral nominatif autorise des plongeurs à utiliser ce moyen de chasse. Un arrêté qui donne aussi l’autorisation au personnel des clubs de plongée de pratiquer la chasse au poisson-lion avec un harpon muni d’une élastique appelé foène.

Le poisson-lion, qui se nourrit principalement de poissons, ne connaît quasiment pas de prédateurs.

Le poisson-lion, qui se nourrit principalement de poissons, ne connaît quasiment pas de prédateurs.

Un poisson impropre à la consommation dans les îles du Nord

Saint-Martin a été colonisé avant la Guadeloupe et la Martinique, mais la densité est bien moindre que dans ces deux îles. L’autorisation de la vente et de la consommation du poisson-lion a été rendue possible en Martinique et en Guadeloupe grâce aux aides financières de l’Etat et de l’Europe. Le problème, pour les îles du Nord, est que les analyses réalisées sur des spécimens pêchés dans nos eaux indiquent la présence de la ciguatera, ce qui le rend impropre à la consommation.

Si la densité du poisson-lion est moins importante à Saint-Martin cela pourrait être dû à l’action des courants marins, selon Julien Chalifour. Ce dernier estime que le littoral saint-martinois est relativement exposée à la houle et aux courants ce qui rend difficile leur installation.

Ainsi, six ans après l’apparition de la rascasse volante dans les eaux des îles du Nord, la situation n’est pas aussi alarmante que l’on aurait pu le croire. Toutefois, ce poisson, qui ne connaît pas de prédateurs, à l’exception des carangues et mérous de grandes tailles, et qui se nourrit principalement de poissons, est toujours sous surveillance étroite de la part de la Réserve Naturelle.

Photo Une : Le 27 juillet 2010, Romain Renoux, directeur de la Réserve Naturelle de Saint-Martin, indiquait la présence du poisson-lion dans les eaux de Saint-Martin.

Octavi de Lloà

 

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