Eu égard à l’audience de RCI, ce sont donc des dizaines de milliers d’auditeurs, pas nécessairement les plus jeunes, puisque RCI recrute son auditorat, surtout dans la tranche des plus de 50 ans et plus, qui découvrent la réalité du bouyon gwada. Des textes crus et sexe au 1er degré. Le bouyon gwada, c’est donc ça ? Et c’est volontairement sale ? Frank Garain, essaiera de « relativiser » de comprendre ces jeunes qui disent tout haut ce que d’aucuns pensent tout bas. Moins d’une semaine aprés, sur facebook, des photos de jeunes collégiennes dénudées sont « lâchées » sur le réseau. Scandale, les médias de flux en font leur choux gras,et Facebook fait salement la une. La Guadeloupe, semble découvrir qu’il y a comme une dérive, que nos petites têtes crépues font dans le hardcore. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois en 2005, une affaire presque similaire avait déjà défrayé la chronique. Des lycéennes de Baimbridge avaient été « vues » sur le net dans des poses qui défient la morale. Aujourd’hui, c’est le bouyon sale qui fait l’actu ; La jeune Nelly Schuster a publié sur son blog un article qui éclaire un peu l’envers du décor. Les termes des textes sont parfois crus ; il ne s’agit nullement de voyeurisme, mais l’info n’est pas toujours aussi clean qu’on le voudrait. Parental advisory !
Le texte de Nelly Schuster
Pour des raisons de compréhension, d’authenticité et de respect des droits des artistes, les paroles des chansons seront retranscrites in extenso en créole, article déconseillé aux plus jeunes)
Vous ne savez pas que le hit des vacances 2012 chez les 12-25 ans s’appelle « Biten woz » et que son chanteur réclame pendant 2,52 minutes « on bel biten a koukoun woz » ? Félicitations ! Vous êtes devenu ce qu’on appelle une grande personne, on gran moun. Ou peut-être quelqu’un que des enfants appellent « la mater ou le pater et qui n’a pas entendu le mot en K en chanson depuis « Cuisse » des Aiglons.
Pourtant, les morceaux de bouyon dit « hardcore » sont dans tous les Smartphones, toutes les voitures et dans la majorité des soirées de jeunes.
Qu’est-ce que le bouyon hardcore ? Ce style musical se distingue par des textes « slackness », sexuellement explicites. Il est une forme radicalisée du bouyon de la Dominique, son cousin guadeloupéen malélivé en fait. Très malélivé. Certains le qualifient de « bouyon gwada » pour bien marquer sa différence et ses thématiques sont souvent les mêmes : dénonciation de la fille de mauvaise vie appelée rate, putrie, vyé cochonne ou pétasse, infidélité, apologie du plaisir sexuel et de l’acte sexuel hardcore. Morceaux choisis : « kok red kokot ka mouyé, dlo ka koulé, kokott la i cho tousa ou vlé an ke fey ». Comment une branche du bouyon, faisant partie du paysage musical guadeloupéen sous le nom de jump up depuis les années 90 s’est-elle radicalisée sur notre île pour devenir du « bouyon hardcore »?
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