David REDOR boucle son 12ème Marathon dans des conditions extrêmement difficiles mais s’accroche et passe sous les 5h

F. LETUVEE
Par F. LETUVEE mars 21, 2016 06:18

David REDOR boucle son 12ème Marathon dans des conditions extrêmement difficiles mais s’accroche et passe sous les 5h


C’est le 12ème, il en reste 40 pour son défi Américain. David REDOR dit “Crazy Dave” ne lâche rien, même quand c’est difficile.

L’expérience sans aucun doute, david est capable de rester maître de son art pour économiser la machine. Cette gymnastique n’est pas pourtant la plus facile puisque chaque course est différente ! Que ce soit le terrain ou la météo, il faut être capable d’adapter le mental au physique à chaque marathon que David rencontre. Dans ce douzième run, son récit en dit long sur la souffrance de ce week-end que notre champion à subit. Une fois de plus, il démontre tout de même que son mental puissant est capable de bien des tortures qui ne font que renforcer sa formidable capacité de remporter ce défi incroyable, aussi fou que lui.
F.L.

Voici le récit de David REDOR de son Yuengling Shamrock Marathon:

“Bienvenue en Irelande”
6h58 je me réveille deux minutes avant l’alarme, j’ai bien dormi et je suis bien reposé tant mieux car la course s’annonce « météorologiquement » mouvementée. Je regarde par la fenêtre et le temps annoncé est bien là, pluie, froid et vent très fort. Il faut donc s’équiper en conséquence : deux couches de vêtements près du corps et un coupe vent en haut, un collant long en bas et une casquette sur la tête.
Un petit déjeuner et en route pour la ligne de départ qui se situe à environ 20 minutes à pied de mon hôtel.
Il pleut et un vent glacial souffle en rafales vraiment très fortes (55kms/h annoncés). Bienvenue au marathon de la Saint Patrick. Il est vrai que l’organisation s’est appliquée jusqu’au bout, elle a même réussi à amener un vrai temps irlandais !
Je manque de perdre ma casquette au moins dix fois et d’arracher mon dossard autant ce qui me fait réfléchir à l’idée de repasser à l’hôtel pendant la course (puisqu’on passe quasiment devant) afin de changer de coupe vent pour en prendre un plus près du corps car celui-ci à trop de prise au vent et rajouter des épingles car je sens que le dossard ne verras pas la ligne d’arrivée. Je laisserai tomber cette idée car au final ça ira bien comme ça.

Il n’y a évidemment personne sur l’aire de départ, tous les coureurs se sont abrités dans l’entrée du Hilton qui est situé au niveau du départ. L’hymne américain est très bien chanté à cappella et ce n’est qu’à ce moment que nous prenons place dans les sas de départ.
Cela ne traînera pas vu les conditions de course, mon sas partira 2 minutes environ après le coup de pistolet. Le froid et la pluie font me sentir raide comme un piquet mais le rythme reste malgré tout correct, autour des 11kms/h. Nous descendons Atlantic Avenue le long de la plage puis rentrons dans les terres, la pluie s’arrête soudainement nous ne la reverrons plus, un souci de moins. Il reste le froid mais mes équipements le neutraliseront parfaitement et je n’aurai jamais froid durant la course et enfin le vent qui souffle maintenant de derrière mais pas d’inquiétude il sera bien notre pire ennemi aujourd’hui ! Je pense déjà au retour le long de la plage qui va être cauchemardesque. Pour l’instant le vent nous pousse un peu donc profitons en pour passer au 5ème km en 28 minutes. Le but est d’être régulier aujourd’hui car je veux arriver au 30ème km autour des 3h car normalement les 12 derniers kilomètres se courront le vent dans le dos (si j’ai bien étudier le parcours).

Au 8ème km nous faisons demi tour puis rentrons dans une base militaire où je passe au 10kms en 58 minutes. Les militaires sont présents malgré le temps et ne manquent pas de nous encourager, très sympas ! Nous retournons vers la côte et le vent tourne dans tous les sens et ça agasse le coureur. Malgré cela mon petit rythme me convient au vu de la physionomie de la course et je passe au 15ème kilomètre en 1h28mn donc jusque là je suis bien dans mon plan de course. Oui mais arrive le moment tant redouté, au 17ème km nous empruntons le boardwalk et là le cauchemar commence : le vent souffle en pleine face, le rythme prend une énorme claque mais c’est inévitable, les panneaux publicitaires sont couchés (voir photo), je dois retourné ma casquette pour ne pas la perdre et là je me dis que cela va être très long jusqu’au 30ème km, moment où l’on amorcera le retour.

Nous repassons sur la ligne de départ qui a été enlevée et j’arrive au 20kms en 2h01mn et au semi-marathon en 2h07mn ce qui est correct vu ce que je prends dans le museau ! Nous continuons dans le même sens sur une rue parallèle à Atlantic avenue mais cela ne changera pas grand chose, le vent vient pratiquement de face et nous attaquons un faux plat de 6kms. Cette ligne droite va me tuer les jambes.

Je passe les 25 en 2h34mn ce qui est encore dans le temps que j’envisageais au 30ème km mais il y a eu des dégâts ! Je ralentis mon rythme car je n’arrive plus à relancer même si jusqu’au 30ème nous seront un peu abrité du vent en passant dans un bois.

Je passe les 30 en 3h12mn, j’essaie de limiter la casse malgré tout. Les jambes ont morflé mais je suis bien lucide et le mental est très bon alors je vais m’accrocher. Après le 30ème kilomètre nous entrons dans une nouvelle base militaire et c’est à ce moment que nous amorçons le retour vers l’arrivée et que le vent doit normalement nous souffler dans le dos. Oui mais c’était sans compter sur les caprices du vent qui vient de tourner et nous fait tourner mais en bourrique ! Nous passons devant le nouveau et l’ancien phare du Cap Henry. Le vent remet une bonne couche en soufflant de côté et de trois quart avant gauche sur environ 5 kms.

Je passe au 35ème en 3h53mn et je pense que si je ne lâche rien je peux arriver en moins de 5h. Alors je ne vais rien lâcher, ce n’est qu’au 37ème kilomètre, au moment où l’on reprend cette fameuse longue avenue en ligne droite, que le vent se décide enfin à nous donner un petit coup de main. A grand coup de rafales dans le dos ça va un peu mieux alors je relance jusqu’au bout de la ligne droite où je passerai au 40ème km en 4h35mn. Nous tournons ensuite sur la droite pour se retrouver face à l’océan et au vent pour le même prix, je tiens ma casquette qui a failli s’envoler et c’est la dernière ligne droite sur le boardwalk avec un gros vent de côté, je passe la ligne d’arrivée en 4h52mn42s à mon chrono, l’organisation retiendra une minute et quelques secondes supplémentaires.

Je suis bien content d’être arrivé car je n’avais jamais couru de marathon avec un vent aussi violent tout au long de la course.
Je récupère ma médaille bien méritée et direction l’énorme chapiteau monté sur la plage pour la party d’après course. Très bonne ambiance, je bois une très bonne soupe de légumes qui réchauffe le marathonien et direction la bière de la Saint Patrick. La semaine dernière je n’y ai pas eu droit, aujourd’hui j’ai droit à 4 pintes (je n’en boirai qu’une)! Je ne pouvais pas la rater, j’ai leur bracelet au poignet depuis deux jours ! Je trinque à la santé du peuple irlandais que j’adore mais par pitié la prochaine fois laissez le temps à la maison !
Ceci étant dit, j’ai déjà couru à Dublin et il faisait meilleur temps qu’aujourd’hui.

Je rentre à l’hôtel en suivant car il se remet à pleuvoir et j’arrive pile pour éviter une bonne averse, le temps se sera acharner sur nous jusqu’au bout aujourd’hui.

Le parcours est malgré tout roulant et je pense que sous un ciel plus clément (je n’ai pas dit avec plus de rhum!) la course doit être très sympa. Pour la météo hélas on ne peut en vouloir à personne. L’organisation et la sécurité était impeccable.
Je tiens à remercier tous les volontaires qui nous ont assisté aujourd’hui dans ce froid glacial pendant des heures, les policiers et les militaires qui sont toujours dans l’esprit pour nous applaudir et nous encourager et le public peu nombreux certes mais il y avait quand même des courageux au bord de la route merci à eux.

Rendez-vous samedi prochain en Georgie à Skideway Island pour un marathon très joli car très fleuri selon l’organisation.

David

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